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Mois-Sonneur #138 : Que sera le futur de Xbox ?
L'année 2026 continue sur un rythme assez calme dans le monde du jeu vidéo et Phil Spencer décide de prendre sa retraite. De quoi mettre un petit bazar dans l'industrie et surtout offrir un sujet de discussion pour la question du mois. On évoque notamment les pistes possibles pour le futur de la branche Xbox, avec un article complémentaire sur le sujet à retrouver ci-dessous, après la vidéo. N'hésitez pas à donner votre avis en commentaire et à partager la discussion autour de vous.
Une retraite pour ouvrir le futur
Lors de sa prise de fonction en 2014 à la tête de Xbox, Phil Spencer lui-même n’aurait pas cru ce qui allait lui arriver et là où en serait le constructeur américain en 2026, au moment de sa retraite. Il n’aurait déjà certainement pas cru dans une retraite à ce moment-là. Parce que dans le monde du jeu vidéo, les choses peuvent aller très vite, Et ces dernières années, notamment pour Microsoft, tout a été très vite.
Quand on se remémorera les années “Phil Spencer”, on repensera très vite au Xbox Game Pass et à la stratégie du rachat à outrance, jusqu’à acquérir Activision-Blizzard ce qui a conduit à la vague de licenciement et de restructuration qui aura fatigué monsieur Spencer, le poussant à la retraite. La situation actuelle de Xbox est donc stabilisée avec des revenus réguliers, même s’ils ne viennent plus du matériel. Il y a des studios capables de produire tous ensemble une dizaine de jeux par an, dans tous les styles et toutes les ambitions, ce qu’aimerait bien avoir Playstation. La nouvelle direction arrive dans un contexte plutôt favorable.
Il y a quand même un peu de pression, issue du rachat d’Activision-Blizzard qui est un trou virtuel de 70 milliards de dollars qu’il s’agirait de combler assez rapidement, ou au moins de montrer qu’on va le combler. C’est pour cela qu’il y a eu de nouvelles vagues de licenciements. Mais à court terme, la stratégie précédente n’a pas de raison d’exploser. D’abord parce que la nouvelle patronne, madame Asha Sharma, avoue avoir besoin de temps pour bien comprendre la situation. Ensuite parce qu’il y a déjà des projets prévus comme un nouveau Forza Horizon, Kiln, un DLC pour Doom the Dark Ages, Clockwork Revolution, un remake du premier Halo ou Fable qui devrait clore ce segment de transition. Un joli programme qui permettra de faire tourner la boutique.
En changeant de direction maintenant, Xbox se donne l’opportunité de prendre des risques pour sa prochaine console, encore inconnue du grand public mais qui devrait arriver pour la fin d’année 2027 ou pour 2028, à en croire différents bruits de couloirs. Et plus que la question de la puissance de la machine, il faudra regarder la politique générale de la marque, la direction qui est prise. Est-ce que Xbox va revenir sur la proposition de la Xbox ONE, c'est-à-dire un outil multimédia qui permet aussi d’accéder à des applications de sport, de musique ou de cinéma ? Ou alors prendre la position inverse et redevenir exclusivement une console de jeu, et donc se concentrer sur des projets de très grande ambition, capable de marquer les joueurs et de se battre pour le titre de jeu de l’année.
Si on essaye d’évaluer ces deux chemins, on peut se dire que le chemin multimédia est dépassé. On est même plus proche de ne plus avoir besoin de console physique, dans la prolongation du “Xbox Everywhere”. Les fans peuvent bien pleurer, la valeur d’une marque dans le jeu vidéo de 2026 se mesure beaucoup plus aux qu’au matériel. On le voit avec la fin des exclusivités, il n’y a aucune contrainte technique qui justifie de ne pas sortir un jeu sur une console donnée, ce n’est qu’une décision politique (ce qui n’était pas le cas il y a une quinzaine d’années).
Xbox a donc un coup à jouer sur les jeux, surtout qu’il y a de la marge en termes de qualité. Parmi les projets que j’ai évoqué plus tôt et qui doivent sortir cette année, aucun ne part a priori pour être dans la discussion du jeu de l’année. Aujourd’hui, Xbox réalise des jeux corrects, sympathiques, mais loin d’être mémorables. Pour changer de dimension, aller titiller les God of War, The Last of Us et même simplement des Ghost of Yotei ou Spider-Man, il va falloir faire autrement et c’est là que la nouvelle direction va pouvoir agir. On pourrait par exemple imaginer qu’Obsidian Entertainment, InXile Entertainment et Bethesda unissent leurs forces sur The Elder Scrolls 6, certains studios se mettant en appui.
Cette proposition est très compliquée à mettre en place car chaque studio a son identité, son organisation et ses égos. Si on reprend Bethesda, Obsidian et InXile, on a trois structures qui ont pu travailler ensemble par le passé mais qui se sont aussi brouillées. C’était il y a bien longtemps mais les rancœurs peuvent être tenaces. Surtout, il faudrait que certains acceptent de se mettre en retrait, de suivre les ordres des autres, et de mettre au chômage technique certains de leurs postes créatifs. Take Two avait tenté ce genre de choses au début des années 2010 en effaçant même l’identité visuelle de certaines de ses structures sous des noms uniformisés, les fameux 2K Marin et 2K Australia qui ont tourné autour de Bioshock 2 et XCOM The Bureau. Les employés n’ont pas du tout apprécié, se retrouver avec une situation similaire au sein de Microsoft serait explosif.
Il existe quand même un chemin, celui d’utiliser toutes ses ressources à différents niveaux d’ambition. Conserver la stratégie des dernières années en arrosant dans tous les styles, avec toutes les idées, pour offrir de la nouveauté régulière sur la Game Pass. Et, en parallèle, travailler sur quelques gros projets étendards qui pourraient être restreint à l’écosystème Xbox. C’est l’idée du modèle Netflix/Amazon Prime qui sortent beaucoup de contenu oubliable mais réalisent quelques grosses séries qui vont attirer sur leur plateforme. Xbox possède déjà quelques grosses licences comme Halo ou Gear of War mais il faudra peut-être inventer quelques nouvelles licences. Pour cela, il faudra aussi transformer quelques studios pour en faire des spécialistes de l’ambition, comme Santa Monica ou Naughty Dog chez Playstation.
Toute cette politique prendra vie sur les deux premières années de la future génération de console. Les communiqués de la nouvelle direction parlent d’un plan à 25 ans qui n’est pas raisonnable. Personne ne peut prédire la direction qu’il faudra prendre après 2030 car personne ne sait à quoi ressemblera le monde du jeu vidéo à ce moment-là. Il est fort à parier que Xbox sera toujours un acteur important de cette industrie, tout comme Playstation et NIntendo. Mais on pourrait voir d’autres acteurs émerger et leur prendre des parts comme Valve, Amazon ou Google, sans oublier Tencent ou l’Arabie Saoudite. Il sera alors temps de faire de nouveaux plans.
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