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    Mois-Sonneur #135 : La guerre des consoles est finie ?

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Dans le Mois-Sonneur #135, on revient sur l'actualité du mois d'Octobre 2025, un mois pendant lequel la licence Halo a été annoncée sur PS5, sans fanfare malgré la révolution que cela représente. C'est le point de départ de la réflexion menée dans la question du mois, qui est détaillée ci-dessous avec un article dédié. Comme toujours, n'hésitez pas à donner votre avis en commentaire pour enrichir la discussion, et n'hésitez pas à partager ce contenu autour de vous.

La guerre a changé

En 1983, le monde du jeu vidéo a changé drastiquement avec la mort de l’ancien modèle symbolisé par Atari et la naissance d’un nouveau modèle symbolisé par Nintendo. Très vite, d’autres entreprises ont décidé de rejoindre la maison mère de Mario dans cette course à la vente de consoles, avec cette idée qu’il y a un marché à conquérir. Et au début des années 1990, il y avait deux écoles : soit vous étiez pour Nintendo, soit vous étiez pour Sega. Mario contre Sonic, Super NES contre Mega Drive. Voilà le début de la guerre des consoles.

Cette guerre est une de celles qui ne font pas trop de dégâts. C’était surtout une discussion entre les fans d’un camp ou de l’autre pour défendre le fait qu’ils étaient plus cool que ceux d’en face. C’était encore une époque où il était plutôt rare d’avoir toutes les consoles du marché et où les jeux étaient très spécifiques à chaque machine, jusqu’à être exclusif à un constructeur donné, avant tout pour des coûts de développement.

Ces principes, ceux de l’opposition philosophique entre des constructeurs et des exclusivités comme armes de cette guerre, se sont perpétués dans le temps, même quand Sega a fini par perdre définitivement avec la Dreamcast. Sony et sa Playstation étaient arrivés dans le décor avant que l’américain Microsoft décide aussi de rentrer dans la course avec la Xbox. Au début des années 2000, 3 consoles doivent se partager le marché pendant que les joueurs PC regardent tout cela de loin.

Ce combat du début des années 2000 a très vite tourné en faveur de la PS2, amenant même Nintendo a quitter cet affrontement. C’était pour mieux montrer leur suprématie avec la Wii, qui les a définitivement mis à part. Car à la fin des années 2000, il n’était plus rare d’avoir plusieurs consoles chez soi, parce que beaucoup de joueurs ne se retrouvaient plus exclusivement dans la philosophie de l’un ou de l’autre des constructeurs. Et que ces joueurs étaient souvent devenus des adultes avec un salaire leur permettant cet investissement.

Le secteur s’est alors structuré en deux groupes : Nintendo d’un côté et le duel Playstation/Xbox de l’autre. Et c’est ce deuxième groupe qui a ramener à la vie cette guerre des consoles, notamment au moment de la PS3 et de la XBox 360, où les deux mastodontes étaient de force équivalente. Chez Sony, vous aviez God of War, Uncharted ou Ratchet & Clank. Chez Microsoft, c’était Halo, Gears of War et Forza. Une bataille devenue féroce sur le plan médiatique à l’E3 2013 autour des présentations de la Xbox ONE et de la PS4, Sony moquant Microsoft et sa console prévue alors sans lecteur de disque.

Mais cette guerre était bien toujours une affaire médiatique. Dans les faits, les dirigeants de toutes ces entités se connaissent et s’apprécient, ce sont des concurrents sur un marché économique, mais pas des ennemis. Sony a écrasé la concurrence avec sa PS4 et sa PS5, Microsoft a cherché des portes de sorties avant tout pour des questions de business, pas par jalousie. Voilà comment est né le Xbox Game Pass et l’idée de racheter des développeurs de jeux.

Mais tout ceci s’est décidé avant la période du Covid-19. Depuis, le marché du jeu vidéo a considérablement évolué et ce n’est plus la vente de consoles qui rapporte de l’argent, c’est la vente de jeux et de contenus additionnels en ligne. Microsoft avait récupéré une armée de développeurs pour amener les gens sur sa Xbox, il va maintenant pouvoir s’en servir directement pour vendre des jeux partout où il peut. Après tout, un jeu à 70€ sur Xbox, PC ou PS5, c’est toujours un jeu à 70€.

Sur la base de ce constat, certainement un peu soufflé lors du rachat d’Activision-Blizzard avec le cas de Call of Duty, Microsoft a pivoté sa stratégie, d’abord par petites touches et plus récemment de façon complètement assumée avec l’annonce d’Halo Campaign Evolved sur PS5. Les exclusivités sont mortes, au moins pour un des combattants, alors que Playstation laisse aussi un peu plus de leste en découvrant les portages PC. Voilà les armes premières de la guerre des consoles qui sont enterrées.

Pourtant, ce serait aller un peu vite que de parler d’armistice. Microsoft n’est pas ami de Sony, Microsoft déplace simplement doucement la bataille sur le terrain plus général du divertissement, se disant en concurrence avec Tik Tok et le cinéma. Bien sûr, pour jouer au jeu vidéo il faut encore aujourd’hui une console, ce qui ne sera peut-être plus aussi vrai dans le futur. Mais ces consoles ne se distinguent plus les unes des autres, si on enlève NIntendo de la photo qui joue dans sa propre cour. Les joueurs n’achètent pas une machine en fonction de sa puissance ou de ses fonctionnalités, ils achètent une console, celle qui passe et celle avec laquelle ils pourront jouer entre amis.

Malgré tout, ces entreprises devront trouver des éléments différenciants pour parler à leur public, et ces éléments seront de nouvelles armes. Nike et Adidas sont toujours dans la guerre des chaussures, tout comme Mercedes et BMW pour les berlines allemandes ou encore Netflix, Disney + et Amazon Prime Video dans le secteur des abonnements de contenu vidéo. Tant que l’un des concurrents n’a pas complètement abandonné le terrain, comme Sega ou Atari l’ont fait dans le passé, la guerre n’est pas finie. Elle est simplement dans un temps un peu plus calme en ce moment, et ce n’est pas une si mauvaise chose.

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