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    Critique du film : Man of Steel

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Néanmoins, l'espoir était de mise, à la sortie de multiples bandes annonces, et mené par un duo Znyder/Nolan capable du meilleur (mais aussi du pire, dans le cas de Znyder) nous pouvions nous attendre, au départ, à peut être un des meilleurs films de super héros de ces dernières années, comme le fut en son temps The Dark Knight.

Il faut dire que lorsque l'on voit dans des bandes annonces des images très “Malickiennes” pour un Superman, ça fait tout de suite envie.

Qu'on se le dise, Man of Steel est qu'on le veuille ou non un blockbuster efficace, à l'instar précédemment dans l'année du Star Trek ou de Fast and Furious 6, dans des styles très différents.

Le début du film est à ce fait exemplaire, avec une bonne mise en scènes, des interprétations soutenues de Russell Crowe ou Michael Shannon, et des effets spéciaux impressionnants. Ainsi, cette introduction sur la planète de Krypton et la chute de celle ci est assez époustouflante, trop peut être, par rapport à ce qui nous attend par la suite.

Car en effet, vient par la suite de gros problèmes, dans le montage par exemple. Les flashbacks sont très mal amenés. Est-ce qu'un jour, un héros de blockbuster pourra regarder un bus ou un verre sans repenser à sa foutue enfance durant une demie heure ?

Des flashbacks pas toujours utiles

Qu'il y ait des flashbacks, pourquoi pas. Mais d'abord, ils doivent amener une véritable profondeur dramatique, ce qui n'est pas le cas de tous ici, et surtout, ils se doivent d'être légitime. Or, dans Man of Steel, tout est prétexte au flashback. Je n'attends pas un réalisme fou, et ce problème est un fléau dans les blockbusters récents. Mais vous vous imaginez penser à tout et n'importe quoi quand l'on vous dit bonjour, que l'on vous sert la main d'une certaine façon, ou que vous traversez la rue ? C'est inimaginable !

Le milieu du film suit de plus à la lettre le même schéma que Batman Begins, le héros se cherche, accompli un voyage initiatique en se remémorant une enfance douloureuse, et trouve sa voie tout en accomplissant son destin.

Certes, ce schéma est légitime, d'autant plus dans ce Man of Steel plus que jamais aux couleurs de la religion. Mais cela ne surprend plus, c'est vu et revu.

De plus, il faut dire que certains évènements sont très mal amenés (l'arrivée du costume de Superman par exemple, qui est introduit comme un cheveu sur la soupe).

Tout cela est d'autant plus dommage que cette partie aborde des sujets très intéressants, comme le libre arbitre, la volonté, le destin, la croyance. Mais tout ceci n'est survolé que de très haut, Znyder et Nolan ne souhaitant visiblement pas perdre le public américain en cours de route et privilégier ainsi la stupidité du propos. Car qu'on se le dise, l'américain primaire qui vient voir Man Of Steel en bouffant son pop corn ne veut pas qu'on lui fasse une leçon sur ce qu'est le libre arbitre, il lui faut des explosions, de la testostérone. C'est pourquoi Znyder lui fait plaisir, et ce fait plaisir par la même occasion à l'arrivée du Générale Zod sur terre.

Un scénario des plus classique

Car à partir de ce moment (et il reste bien trois quarts d'heure-une heure de film) on a de la baston et que de la baston. Mais quelle baston !

Voilà ici l'efficacité que j'évoquais précédemment. Car dans Man Of Steel, on a enfin un Superman surpuissant, et cela se ressent dans ses combats faisant constamment penser à du Dragon Ball live. C'est vraiment époustouflant, certains passages, comme le combat entre Superman et Faora, sont tout bonnement impressionnant. Man Of Steel envoie du lourd en terme d'action, et relègue dans ce domaine les Avengers loin derrière, on ose à peine imaginer ce que rendrait la réunion de la Justice League, avec du Flash, Wonder Woman ou Green Lantern. Il serait carrément question de destruction de planètes à ce train là !

Evoquons maintenant le traitement des personnages et leurs interprétations. Henry Cavill est à mon sens un excellent Superman. J'oserais même dire le meilleur depuis Christopher Reeve. D'abord, sa carrure impressionnante correspond totalement au personnage, tout comme son visage et ses expressions. Il y croit, et nous aussi.

Russell Crowe est lui aussi excellent, on regrettera néanmoins le jeu de Michael Shannon, qui n'est pas fait à mon sens pour ce genre de films. Mais rien de grave, tant qu'il nous gratifie d'excellentes interprétations dans des films d'auteurs.

Kevin Costner et Diane Lane font le boulot dans leurs rôles de Kent, mais j'ai trouvé justement la famille Kent bien trop en retrait, ce qui correspond à une volonté affichée du film que j'évoquerais ultérieurement.

Quand à Amy Adams, elle n'est pas mauvaise en Lois Lane. Mais j'ai trouvé le personnage très mal amené. On nous impose Lois Lane. Elle arrive en plein combat comme si de rien n'était. En fait, elle est presque toujours là, sans raison ni propos. Pourquoi ? Est-ce pour satisfaire le public féminin ? Je ne pense pas, puisque le personnage de Lois est l'archétype de la femme faible dans ce film, contrairement à Faora qui impose le respect par exemple. Donc si c'est le souhait initié, c'est très mal joué !

La bande son quand à elle ne mérite pas vraiment de commentaire. Elle est sympathique, colle bien à l'action comme beaucoup de Zimmer. Mais voilà, sur 2h23 de film, il doit bien y avoir 2h15 de bande son. Elle est omniprésente, et comme pour les récents Zimmer, on nous l'impose de façon désagréable. De plus, le compositeur est en mode pilote automatique depuis bien longtemps. Il ne propose plus rien d'original. Je suis certain que si l'on incorpore la BO de Man Of Steel dans celle de Dark Knight Rises ou vice versa, cela ne choquerait personne.

Un homme qui reste classe dans une telle circonstance est automatiquement un excellent Superman !

Note finale > 14/20 : Man Of Steel résulte d'une démarche consistant à faire de l'univers de Superman un prétexte pour un film de science fiction. Le résultat est encourageant pour la suite, qu'il s'agisse de la trilogie en elle même ou d'un futur Justice League. Néanmoins, il est grandement dommage, quand on aurait pu avoir un grand blockbuster, n'avoir qu'un film d'action lambda faisant croire à son public qu'il y a un scénario profond alors qu'il n'en est rien. Ce film est, comme Star Trek, comme Iron Man 3, comme Fast and Furious 6, complètement idiot. Il dépasse toute logique, avec par exemple des militaires qui ne comprennent qu'à la fin que Superman n'est pas leur ennemi. Passons aussi la propagande américaine gerbante ou l'inspiration religieuse douteuse, et l'on se retrouve tout de même avec un blockbuster honnête, impressionnant par moment, et qui se classe dans le haut du panier en terme de films de super héros.

Gageons que les problèmes en termes de scénario et de fond artistique soient corrigés d'ici le deuxième opus, mais comme pour Star Trek XIII, il y a peu d'espoir. Mais déjà, un nouveau Man Of Steel encore plus impressionnant en termes d'action et avec des méchants comme Doomsday ou Lex Luthor feraient grandement envie. Car qu'on se le dise, des scènes de combat avec ce nouveau Superman, on en redemande, et c'est déjà un bon point !

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