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Critique de film: Oblivion
Deux ans plus tard, Kosinski revient avec Oblivion. Univers qu'il a lui même crée de toute pièce, d'abord en tant que roman graphique. Ce n'est qu'en lisant ce roman qu'un certain Tom Cruise a voulu que cet univers soit adapté au cinéma, et a donc décidé de prendre contact avec le principal intéressé.
Et ainsi, dès les premières minutes du film, nous sommes subjugué par l'univers que l'on nous propose, d'une beauté rare. Le film, presque épuré de tout effet spécial superflux, est, à l'instar du premier film de Kosinski, une merveille de design.
Un univers trop rare
Contant de prime à bord les restes d'une humanité vivant au dessus des nuages après une invasion extra terrestre, le film laisse donc place à des décors somptueux, pouvant une fois de plus servir de publicité touristique pour l'Islande, à l'instar de Prometheus. Ici, les effets spéciaux se font très rares, pour faire place à une sorte de débrouillardisme du réalisateur. Il faut dire que bien que démentiel déjà, le budget du film, 120 millions de dollars, est très peu par rapport à d'autres superproductions hollywoodiennes (250 millions pour un Dark Knight Rises, c'est dire), et sachant qu'un Tom Cruise coûte cher, on peut comprendre qu'il ne restait finalement plus grand chose pour le reste.
La première partie du film est véritablement intéressante. Peu d'action, des personnages totalement déshumanisés, à l'instar des décors. Finalement, nous avons une ambiance d'une bizarrerie folle, et un univers face à nous que l'on voit que trop rarement, bien que la science fiction revienne peu à peu, et enfin, à la mode.
La mise en scène de Kosinski est une fois de plus effficace. On sent ici la jeune garde d'Hollywood.
Des lacunes, hélas
Ainsi, après une première partie passionnante, on vient à penser que l'on tient là un grand film. Hélas, à partir de la moitié du film, Kosinski commence à enchainer les rebondissements abracadabrantesque qui viennent quelques peu gâchés notre vision du film. Les scènes d'actions sont bien filmée, là n'est pas le problèmes. Et si l'on y réfléchit, certaines idées de deus ex machina sont plutôt bonnes. Mais mal servies. Une fois de plus, comme pour Tron, le défaut est donc scénaristique. Si au moins, Kosinski a tenté d'avoir une ambition sur ce point contrairement à Tron 2, il n'arrive pas à utiliser au mieux les bonnes idées qu'il possède. Au final, le pitch de départ et l'univers qu'il crée sont d'une grande ambition, mais qui sont quelques peu ratées une fois à l'écran. Peut être par manque de temps. Kosinski a sans doute souhaité faire un film grand public, et donc court, alors que son concept pouvait très bien tenir sur une plus longue durée et surtout, pour un public plus mature. Le succès du film aurait, à mon avis, été équivalent.
Un film basé sur les émotions
De plus, et c'est surprenant, Oblivion se veut plus être une histoire d'amour qu'un film d'action. C'est finalement une bonne idée, et, comme beaucoup de choses dans ce film, une sorte de pied de nez appréciable aux autres blockbusters.
Pour le reste, les acteurs font leurs boulot. Tom Cruise, acteur qui m'est très appréciable bien que critiqué pour sa vie privée dont on devrait se contrefoutre, est une nouvelle fois parfait dans son rôle. Il remplit ses fonctions et bouffe littéralement l'écran. Ses retrouvailles avec la science fiction, depuis La Guerre des Mondes, est donc réussie. Et il est rassurant de le voir définitivement relancé depuis Mission Impossible 4.
Pour le reste, les autres acteurs n'ont pas grande importance, bien qu'Andrea Riseboroug tire son épingle du jeu, et qu'Olga Kurylenko étale l'ensemble de son charme dans le film sans pour autant faire la potiche comme nous pourrions voir chez d'autres réalisateurs.
Dommage qu'en revanche, Morgan Freeman fasse parfois peine à voir. Le bougre devrait éviter ce genre de production à son âge.
Quand à la bande son, après Daft Punk, Kosinski a encore fait appel à des français. Cette fois, c'est M83 qui font office de compositeurs. Leurs style correspond tout à fait à la science fiction, et leurs partition est très appréciable, bien que parfois pompeuse et rappelant trop Hans Zimmer.
Un bon divertissement
On pourra critiquer le scénario parfois facile du film, mais force est de constater qu'Oblivion sait divertir comme il se doit le téléspectateur et nous transporte durant deux heures dans un autre univers. C'est un film sans grande prétention mais qui aurait pu être plus qu'un simple bon divertissement si les idées de Kosinski avaient été mieux exploitées. Qu'importe, il est désormais un réalisateur à suivre, et nul doute que son prochain remake du Trou Noir ou alors Tron 3 seront cette fois des réussites totales !
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