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Mais Naughty Dog n’en avait visiblement pas terminé avec la Playstation 3. Et tel un chant de cygne de la console, le studio sort l’un des meilleurs jeux triple A de cette génération, avant bien sûr de s’attaquer à la petite sœur d’une console sortie en 2007 (la PS4).

Si l’annonce d’un jeu post apocalyptique aurait pue surprendre  les fans de Naughty il y a dix ans, il n’en était rien en 2011, tant la prise de maturité amorcée par Uncharted est visible pour le studio, et il ne fait nul doute qu’elle continue avec The Last of Us.

Mais d’abord, attardons nous sur l’aspect purement technique du jeu. Dès les premiers instants, nous sommes marqués par les graphismes. Si les aventures de Joel et Ellie sont peut être moins belles que celles de Nathan Drake, elles en sont tout de même plus impressionnantes par la quantité de détail à noter, notamment les décors et les animations faciales. Graphiquement, tout est fait pour nous plonger dans une atmosphère dont on ne sortira pas indemne. Ainsi, bien que comme Uncharted, on évolue dans des couloirs mais jamais ou presque nous n’en avons l’impression, tant il y a une part belle faite à l’exploration de maisons ou anciens magasins qui fourmillent de détails rendant l’univers riche et crédible.

Graphiquement très beau

On pourra noter les limites de la PS3, sans doute à cause (ou grâce) d’un jeu trop ambitieux pour cette génération. L’aliasing (fléau de la console de Sony) est présent à quelques reprises, surtout au niveau de la floraison. Mais dans l’ensemble, cela se pardonne par des effets de lumières somptueux, une eau (et donc exploration sous marine) plus réaliste que jamais, et des cinématiques impressionnantes.

Une impression de se retrouver devant un film ou une série renforcée par l’excellente bande-son de Gustavo Santaolalla, double oscarisé pour « Babel » et « Le Secret de Brokeback Mountain », rien que ça. Le compositeur argentin effleure sa guitare tout au long du jeu, renforçant l’aspect nostalgique et douloureux du titre pour accoucher d’une bande originale d’exception, assurément l’un des gros points forts du titre.

Le doublage, en anglais, est lui aussi très réussi, à l’instar de la trilogie Uncharted. A commencer par Troy Baker, qui devient l’uns des doubleurs en vogue dans le milieu vidéo ludique (C’est à lui que l’on doit le doublage de Booker DeWitt dans Bioshock Infinite. Et on le retrouvera dans le rôle du Joker pour le prochain Batman Arkham Origins, dans le rôle de Delsin Rowes pour Infamous Second Son et Ocelot pour Metal Gear Solid V, vous avez dit Nolan North’s style ? ). Troy Baker campe de façon très réaliste et émotionnelle le personnage de Joel. A plusieurs reprises, je fus époustouflé par sa prestation, presque égal à une prestation cinématographique. On tient donc là un nouveau grand nom du doublage. Ashley Johnson, elle, double Ellie. Nous pouvions avoir des doutes quand à son travail, l’actrice ayant déjà 30 ans. Cependant, sa prestation est elle aussi très réussie. Je vous conseil donc dès le début de mettre le jeu en VOSTFR pour accroître l’intensité du soft. De plus, le doublage français est visiblement peu réussi, et surtout, la synchronisation labiale est ratée, il faudra donc attendre un patch pour la VF, si il n’est pas déjà sorti au moment ou vous lisez l’article.

L'émotion au coeur du jeu

Beaucoup d’éloges me direz-vous. Hélas, le jeu n’est évidemment pas parfait, et le gros point noir réside en son intelligence artificielle. Bien que dans l’ensemble très correcte, surtout celle des ennemis humains, qui se parleront durant les gunfights et feront tout pour vous prendre à revers, ne vous laissant pas d’autre choix que de jouer l’infiltration au lieu de bourriner, l’IA des infectés est elle vraiment simple à prendre à défaut une fois que l’on a compris le système. Pire, c’est avant tout l’IA des alliés, hors Ellie, qui aura tendance à gâcher l’immersion. En effet, ceux-ci auront tout simplement tendance à foncer vers l’ennemi durant le combat, sans se faire tirer dessus ou mordre. Pas terrible !

Et pourtant, malgré un tel défaut, la sensation après avoir terminé le jeu est très bonne. D’abord grâce à un gameplay parfaitement rôdé. Faut dire qu’après trois Uncharted, Naughty Dog maîtrise parfaitement les TPS. Mais le système est bonifié. D’abord plus réaliste et adapté au personne de Joel, qui doit avoir la cinquantaine durant le jeu, et n’a donc pas les capacités physiques du fougueux Nathan Drake. De plus, les gunfights sont tout simplement incroyables de crédibilités. Rarement nous n’aurons vus un TPS aussi brutal et dur dans sa façon de mettre en scène la violence. Une sensation terrible s’emparera du joueur à chaque fois qu’il tuera un ennemi. Cela va prendre un sacré moment pour étrangler un ennemi par exemple, le moindre coup de fusil à bout pourtant sur la tête d’un ennemi, et son crâne laissera une énorme tâche sur le mur de derrière, avec un corps décapité sur le sol en prime.

Joel lui aussi ne sortira pas indemne des combats, avec par exemple des traces sur son visage, le nez cassé ou du sang sur sa chemise. Des idées que l’on retrouvait déjà dans Manhunt de Rockstar, qui fut censuré pour sa trop grande violence. Près de dix ans plus tard, les mentalités ont donc visiblement changées, et les développeurs peuvent ainsi laisser transparaître un tel réalisme dans un jeu vidéo. Mais du coup, c’est un soft à ne surtout pas mettre entre toutes les mains. Si il y a bien des phases stressantes comme tout bon survival qui se respecte, c’est avant tout le réalisme de l’action qui marque le joueur.

Des combats éprouvants

Marquer le joueur, c’était sans doute l’intention de Naughty Dog. Ainsi, le scénario de The Last Of Us est très bien construit, misant sur une vision pessimiste de l’humanité, jusqu’à son dernier dialogue. Qu’on se le dise, si vous êtes en phase de dépression, ne jouez surtout pas à ce jeu. Naughty Dog dépeint une humanité violente, sauvage et brutale qui est finalement la principale cause du monde dans lequel on joue. C’est bien l’homme la plus grande menace du jeu, plus que les infectés. Les dialogues sont à ce sens vraiment bien écrits, faisant penser à ce que pourrait être une bonne saison de Walking Dead (la série). D’ailleurs, en parlant de Walking Dead, on ressent l’inspiration dans The Last of Us, tout comme le livre (plus que le film) Je Suis une Légende. Alors on atteindra pas forcément les sommets émotionnels du titre de Telltale Games, mais on restera vraiment touchés par la relation entre Joel et Ellie, différente de celle entre Lee et Clementine, mais elle aussi très touchante par son évolution.

 

Note finale > 18/20 : The Last Of Us est la parfaite conclusion de cette génération. Le titre représente ce qu’il s’est fait de mieux, tout simplement. Véritable hommage donc à une génération, il l’est aussi l'envers un genre de film, tel que Je Suis une Légende justement.

Son atmosphère sombre et pesante, ses dialogues, ses graphismes ou sa bande-son marqueront le joueur. Et si l’on regrette un rythme peut être mal maitrisé vers la fin du jeu et surtout une IA parfois aux fraises, il n’en reste pas moins un nouveau standard de qualité pour les titres triple A. Naughty Dog montre, à l’instar de Rockstar, que jeu à grand budget et d’action ne rime pas forcément avec défouloir sans émotions, et que l’on peut émouvoir donc un joueur tout en le faisait tuer virtuellement des PNJ.

Une leçon de jeu vidéo, qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais qui peut être deviendra culte avec le temps.

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