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Mois-Sonneur #109 : L'E3 est-il mort ?
Nous venons de terminer le mois de Juin, ce qui signifie qu'un Mois-Sonneur doit en résumer l'actualité du mode du jeu vidéo. Et en Juin, de tradition, on se rassemble à Los Angeles avec des superbes cinématiques. On va regarder de plus près ce qu'il s'est passé de ce côté là, avec une réflexion écrite un peu plus longue à retrouver ci-dessous. Comme toujours, n'hésitez pas à commenter et à partager la vidéo et cet article autour de vous.
L’E3 est mort, vive … l’E3 ?!
Le mois de Juin arrive, le beau temps aussi, les jours rallongent et le monde du jeu vidéo se prépare pour l’E3, son plus grand salon, une institution qui se déroule depuis une bonne dizaine d’années dans le Convention Center de Los Angeles. Sauf que depuis 2020, ce narratif s’est mis à dérailler, dans la foulée de la pandémie de Covid-19. Et le train n’a pas repris sa place sur les rails puisque l’ESA, organisateur du rendez-vous, a officiellement annulé l’E3 2023 il y a déjà plusieurs mois.
Certains se sont empressés de danser sur la tombe du supposé défunt, avec en tête de ligne monsieur Geoff Keighley, producteur d’émissions et de programmes diverses liés au monde du jeu vidéo tel que les Video Game Awards (devenus The Game Awards), et amateur de chips triangulaires (un hobby pas tout à fait anodin). L’E3 a alors été dépeint comme un vieillard, au bout de la rampe, déjà décrépi et plus en phase du tout avec le monde actuel, fait d’influenceurs, de réseaux sociaux et autres vidéos en direct à partir d’un smartphone. Enfin, l’E3 était mort et on pouvait commencer à créer le monde de demain.
Voici donc que nous avancions vers cette période “de l’E3” lorsque Sony nous convoqua pour un Playstation Showcase devant faire le point sur sa politique à venir. Nous étions encore en Mai mais cela ressemblait pourtant furieusement à une conférence de l’E3, avec ses bandes annonces tout en cinématiques, son quart d’heure indépendant et même un petit mot malhabile sur du matériel. Mais non, nous nous trompions, ce n’était pas l’E3.
Puis c’est le Summer Game Fest de ce bon Geoff Keighley qui est arrivé. On nous promettait un feu d’artifice novateur, un moment qui allait prouver que l’ancien monde était derrière nous, une redéfinition de la communication dans le monde du jeu vidéo envers un large public. Vous avez peut-être l’impression que j’en fait beaucoup, je reste mesuré par rapport à la communication officielle qui nous a assommé. Finalement, cette révolution a pris la forme d’une conférence d’une heure et demi, sur scène et devant un public, avec la présence d’invités surprenants comme Nicolas Cage. Étonnamment, ce nouveau monde ressemble beaucoup à l’ancien, des coupures pub et aucune grosse annonce mémorable en option obligatoire.
Le Summer Game Fest n’est donc pas le remplaçant tant attendu. Alors la semaine “d’E3” s’est prolongée. Un Devolver Direct traditionnel, à savoir une vidéo amusante qui critiques des pratiques tout en les réalisant et assez peu de jeux, puis Microsoft, un dimanche soir, autour du 10 Juin, à 19h00 en France. Plus que la forme, c’est le fond qui était digne de l’E3 puisque le constructeur américain avait bien des vidéos cinématiques sur plusieurs de ses jeux en attentes, avec de jolis graphismes, et contant sur quelques éditeurs tiers inspirés pour remplir une petite heure pré-enregistrée. La parole a alors été donnée à Starfield pour 45 belles minutes qui ont su conquérir le public.
Un PC Gaming Show long et ennuyeux plus tard, c’est Ubisoft qui a pris le flambeau, avec une scène et même des plans de coupe sur un public amorphe, rempli d’employés très peu heureux d’être là. Mais sur le fond, quatre gros jeux étaient au programme et les quatres nous ont marqués : un nouveau Prince of Persia, Assassin’s Creed Mirage, Avatar Frontiers of Pandora et enfin Star Wars Outlaws. Et compte tenu de l’état d’Ubisoft ces derniers temps, c’était une conférence de haut niveau.
Capcom a même participé à la fête avec sa conférence, plutôt raté mais ça fait aussi parti du lot habituel, avant que la fête ne se prolonge d’une semaine grâce à un Nintendo Direct qui a présenté Super Mario Bros Wonder, puis encore d’une semaine avec Annapurna Interactive qui a délivré trente bonnes minutes d’indépendants. Et on vous épargne Focus Entertainment qui s’est glissé avec quelques projets au milieu du bruit ambiant.
Tout cela dessine les contours d’un E3 éclaté dans le temps, et dans l’espace mais c’est une donnée qui nous est bien illusoire sur internet, mais d’un E3 quand même. Enfin pas tout à fait car le rassemblement de Los Angeles était plus qu’une série de conférences avec des vidéos très aguichantes. Il y avait tout un salon avec des journalistes pouvant essayer les futurs jeux, en discuter directement avec quelques développeurs pour nous donner un accès aux coulisses de ce monde bien opaque. Et quelques fans pouvaient même participer à la fête ces derniers temps.
C’est très certainement cette deuxième partie qui n’est plus appréciée par les éditeurs, ni même par les journalistes et autres insiders qui se font concurrencer par le premier influenceur venu. Ces rendez-vous ne contentaient personne, ils ont disparu. On notera quand même un petit effort réalisé par certains pour nous donner des démos, comme pour transposer les bornes du Convention Center en séances privées dans notre salon.
Le bilan de tout ceci c’est donc qu'officiellement, l’ESA n’a pas organisé l’E3 2023. Mais pour nous, suiveurs de ce monde qui ne se déplaçons pas à Los Angeles, le résultat à été le même, tout juste un peu plus étiré qu’à l’accoutumé. C’est ce qui me fait dire que l’E3 2023 a bien eu lieu, et que les éditeurs ont prouvé qu’ils n’avaient besoin de personne pour l’organiser. Un rassemblement d’information à la moitié de l’année et juste avant les vacances d’Été reste très précieux, et ce n’est pas prêt de changer.
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