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Critique du film : Des Lendemains qui chantent
L’élection de Miterrand ou l’avènement du parti socialiste au pouvoir. A l’époque, tant de promesses de changement pour une bande de jeunes militants stéphanois pleins d’espoir et d’ambition. Olivier (Pio Marmai) se projette en journaliste engagé. Son frère Léon (Gaspard Proust), lui, est déterminé à devenir un communicant d’envergure. Leur ami d’enfance, Sylvain (Ramzy), expert en système D, s’apprête à révolutionner le monde de l’érotisme en créant le célébrissime minitel rose 3615 ULLA. Leur amie Noémie va intégrer l’Ena pour une carrière au sommet du pouvoir. Les quatre finissent par quitter St Etienne afin de s’accomplir dans la capitale.
Évidemment, la réalité va vite venir faire déchanter nos quatre idéalistes. En alternant au montage les années 80 et 90, le film dessine la trajectoire de chacun afin de déterminer lequel restera fidèle à ses idéaux et ses racines face à l’évolution d’une société de plus en plus individualiste et tentatrice.

Au travers des personnages et de leurs professions, c’est toute une critique des médias, de la communication et de la politique spectacle qui est proposée. Comment un journal dit "engagé" peut-il accepter de changer radicalement sa ligne éditoriale d’une décennie sur l’autre ? Qu’est ce qui fait que ce qui était acceptable avant, ne l’est plus aujourd’hui ? Comment résister à l’appât du gain lors des fameuses années frics de Bernard Tapie ? L’occasion pour le réalisateur d’écorcher tendrement le parti socialiste et d’égratigner, sous forme de clins d’œil, certaines figures emblématiques de cette période toujours bien “en vogue” aujourd’hui : Séguela, Ardisson, Attali et autres BHL. Réflexions sur la connivence entre les élites ou les “imposteurs du système”, de plus en plus à la mode (on pense aux documentaires de Pierre Carles ou Serge Halimi) sans doute nécessaires mais qui laissent comme un petit goût de “tir à l’ambulance”. Réelle bonne idée pour ce faire, Castro détourne d’authentiques images d’archives dans lesquelles il incruste ses acteurs pour un résultat désopilant.

Car le film fait vraiment rire. La relation d’amitié entre Pio Marmai et Ramzy, qui crève l’écran dans son personnage de Xavier Niel du cul, apporte son lot de moments comiques gratinés. La petite descente aux enfers de Pio Marmai se veut savoureuse et Gaspard Proust fait le minimum syndical. Côté émotions, le triangle amoureux entre les deux frangins et Laetitia Casta, puis un autre, filial, avec leur père syndicaliste (André Dussolier), n’apportent quant à eux que très peu d’eau au moulin.
Note finale > 15/20 : Intéressant parce qu’il fait écho à notre histoire récente, “Des lendemains qui chantent” illustre avec tendresse, nostalgie et drôlerie un cercle vicieux politico médiatique pas si réjouissant que ça. Malgré quelques petites facilités scénaristiques, il n’en demeure pas moins qu’on se marre et qu’on sort le cœur plutôt léger de cette comédie bien construite et pleine de peps.
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