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Critique du film : Mister Babadook
Nous sommes plongés dans le quotidien pas si ordinaire d’une famille monoparentale. Amelia est une infirmière qui travaille en maison de retraite. Elle est la mère de Samuel, garçon perturbé de 6 ans dont les comportements imprévisibles et les cauchemars à répétition deviennent épuisants. Le père, quant à lui, est décédé six ans auparavant sur la route de la maternité dans un accident de voiture. Un soir, en souhaitant apaiser une des nuits agitées de son fils, Amelia tombe par hasard sur le mystérieux conte de Mister Babadook et lui en fait la lecture, ce qui n’aura pour effet que d’accentuer les troubles de son fils, jusqu’à venir perturber sa propre raison...
Il ne faut pas se tromper, si ce film a été mis au rang des derniers de James Wan pour des raisons marketing (Conjuring et Insidious), il ne partage pourtant pas grand-chose avec ses concurrents. Certes Mister Babadook distille une atmosphère oppressante tout du long - les hurlements de l’enfant tyran y sont pour beaucoup - et sait faire accélérer le palpitant à quelques moments clés, mais il ne peut rivaliser avec James Wan et sa maîtrise du jump scare ou du suspense. Peut-être que le fait de trop exhiber un Babadook à la réalisation mitigée est-il à blâmer... Bien qu’excusable quand on sait qu’une partie du budget provient de la plateforme participative Kickstarter.

Néanmoins Mister Babadook est une oeuvre singulière que sa réalisatrice préfère d’ailleurs qualifier, à raison, d’histoire d’amour plutôt que de film d’horreur ou de genre. La mise en scène est très maîtrisée, avec effets de time lapse bien dosés, contrastes impeccables, scènes hommages aux premiers films d’horreur muets, décors rétro “habités”. Outre le monstre auxquels certains trouveront à redire, le film est une totale réussite d’un point de vue technique. Le jeu des acteurs est saisissant, ce qui est important quand on sait la relation d‘amour haine entre Amelia et Samuel au centre de l’intrigue. Le seul regret qu’on puisse avoir au cours du film, c’est que Jennifer Kent vienne trop rapidement fermer la porte aux hypothèses que le spectateur échafaude en son for intérieur, rendant la fin moins efficace. Il n’en demeure pas moins que le Babadook continuera à vous hanter après visionnage, en vous laissant comme ce goût de “reviens-y”.

Note finale > 15/20 : En résumé un film qui ne fait pas le carton plein en terme d’attentes horrifiques mais qui s’en sort malgré tout avec brio grâce à son originalité et sa réalisation.
Un voyage entre névrose et culpabilité sur le transfert, la confiance et la difficulté d’aimer.
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