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Critique du film : The Raid 2
The Raid 2 reprend là où s’arrêtait son prédécesseur : au sortir d’un bain de sang dans une tour d’un ghetto de la capitale indonésienne. Néanmoins, nul besoin de l’avoir vu pour apprécier cette itération. Notre super flic, Rama, interprété par l’explosif expert en Pencak-Silat, Uko Wais, se voit pour mission d’infiltrer le crime organisé afin d’identifier et éliminer les flics pourris susceptibles de collaborer avec lui. Infernal Affairs du pauvre dont les objectifs sont légèrement oubliés en cours de route au profit d’une intrigue mafieuse un brin cliché quoique sympathique car riche en personnages hauts en couleur. Mais peu importe on n'est pas là pour ça.
Dans cet épisode, exit le huis clos et immersion dans un Jakarta, prétexte à des décors variés, allant de la prison délabrée au nightclub glauque ou de l’immeuble froid à la campagne terne. Gareth Evans multiplie les références, qu’il s’agisse de Winding Refn (qu’il plagie légèrement), Scorsese, Kubrick, ou encore John Woo. Il compose des images extrêmement léchées graphiquement, à la symétrie hypnotisante. Il propose de longs travelings contemplatifs ou virevolte avec sa caméra dans de nombreux plans-séquences qui laissent bouche bée, surtout si on les additionne aux chorégraphies d’un autre monde concoctées par Uko Wais et Yayan Ruhian (le “boss de fin” du premier volet, ici dans le rôle d’un assassin clochard effrayant).

Ames sensibles s’abstenir ! La baston dans The raid 2 égale de longues séquences gores teintées d’une sauvagerie sans limite, pour ne pas dire barbarie. Le public frémit au rythme du bruit d’impacts de poings contre des mâchoires, des fractures ouvertes, des tessons de bouteilles qui s’enfoncent dans des gorges trop tendres, des tendons sectionnés, des têtes fendues, explosées... J’en passe et des hectolitres d’hémoglobine. Pour reparler de référentiel, dites-vous que coup sur coup, Gareth Evans peut faire la nique à une très célèbre scène d’Old Boy et enchaîner sur un hommage à Vendredi 13, pour ensuite apporter son lot d’originalité à grand renfort de batte de base-ball puis décider de revisiter le duel western dans une course-poursuite...
Note finale > 18/20 : The Raid 2 c’est du cinoche ultra condensé et survitaminé, la quintessence du fun malgré un scénario qui s’oublie un peu par moments. C’est tantôt noir, tantôt jubilatoire et, en plus, comme certains malheureux dans le film, parfois on se fend la poire.
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