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Critique du film : La Planéte des Singes l'Affrontement
Tout commence par une scène de chasse à l’élan qui s’achève par un combat à mort contre un grizzli, suivi d’un bref éclat de rire nerveux échangé entre deux vieux amis soulagés. Un éclat de rire entre deux “singes” qui rappelle que, désormais, le “propre de l’homme” ne l’est définitivement plus. Dix ans après les évènements du premier film, il ne reste à priori qu’une poignée d’hommes sur Terre, près de San Francisco. L’humanité a été décimée par un virus transmis par les “singes”. Ces derniers vivent dans la forêt, César à leur tête, organisés en petite communauté hippie prospère pronant des valeurs telles que la tolérance ou le respect d’autrui. Chimpanzé, orang-outan ou gorille : un anthropoïde est un anthropoïde et il mérite le respect (ils n’aiment pas qu’on les traite de “singes”).

Une petite équipée d’humains désireux de réactiver une centrale électrique située en territoire “hostile” va venir agiter cette paix. Les deux espèces vont alors se confronter, si ce n’est entre elles surtout à leur propre nature, tiraillées entre des émotions complexes et la difficulté de faire les bons choix pour leur survie.
Cet opus de la saga élève le simple blockbuster estival au rang de petit bijou en y ajoutant une dimension philosophique profonde tout en étant accessible et ludique. Tant de questions soulevées sur l’individualisme et la vie en collectivité, la transmission, sur nos capacités d’adaptation et de survie alors que nous sommes plus que jamais esclaves de nos technologies. Réflexion sur ce qu’a pu être l’aube (le titre original du film est DAWN of the planet of the apes) de notre humanité : les premières jalousies, querelles politiques, meurtres…

Pour véhiculer tout cela, Matt Reeves, réalisateur du nerveux Cloverfield, prouve qu’il sait aussi prendre son temps afin d’installer une tension dramatique. Il mise tout sur les silences qui en disent long, l’expression corporelle et l’interprétation sans failles des acteurs qui peuplent ce film, qu’ils soient visibles à l’écran ou cachés par la motion capture. J’écris le nom d’Andy Serkis pour de basses raisons de référencement google mais fallait-il encore le nommer ?

On se la joue intello mais rassurez-vous, nous sommes toujours dans un blockbuster à 120 000 000 de dollars. Cela ce traduit d’abord par une production design tout simplement magnifique ; une réussite à tous les étages, qu’il s’agisse du camp rudimentaire des singes ou d’un San Francisco fourni d’une végétation luxuriante, qui rappellera de bons souvenirs aux fans de The Last Of Us.
Cela s’exprime ensuite par une multitude de scènes épiques, dont la lecture est extrêmement claire, à mille lieues de la bouillie visuelle parfois observable chez la concurrence. Mention spéciale à la première grosse bataille qui, sans trop en dire, est tout simplement sublime en matière de mise en scène, de lumière et de pyrotechnie. Cette clarté dans la mise en scène sert évidemment la 3D qui nous permet de profiter en toute quiètude de la profondeur de champ pendant l’action (surtout en forêt).
Note finale > 18/20 : Voilà ce qu’on est en droit d’attendre d’un blockbuster ! Populaire parce qu’il est accessible à tous, tant dans son propos que dans sa volonté de divertir et qu’il ne prend pas son public pour un primate. On ne peut pas mettre 20, car on ne souhaite pas que César se repose sur ses lauriers. Encore !
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