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    Critique du film : The Lone Ranger

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En effet, à la vision des diverses bandes annonces, Lone Ranger ne représentait guère plus à mes yeux qu’un Pirates des Caraïbes-like au Far West, représentation vulgaire d’une énième supercherie de Johnny Depp. Très peu intéressant à mes yeux alors que je trépignais d’impatience, à raison, de voir Pacific Rim.

Ce dernier fut à mes yeux un doux réconfort après des semis-déceptions telles que Star Trek Into Darkness ou Man Of Steel. Et alors que les critiques sont peu élogieuses envers l’uns de mes plus grands espoirs, Elysium, je me suis penché de nouveau sur Lone Ranger, pour voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Et alors que les critiques et les forums de cinéma s’enthousiasmaient par rapport au film, m’est venu une folle idée : le voir. Car qu’on se le dise, jamais j’aurais pensé il y a des mois, que dis-je, des semaines, voir ce film. Quelle erreur cela aurait été.

Dès les premières minutes, et à la vision d’une technique irréprochable, je sus que j’étais devant un bon divertissement. En effet, la photographie est remarquable et confère au film une véritable identité, bien rare pour un blockbuster. A vrai dire, Lone Ranger est une sorte de version live de Rango. Peu étonnant sachant que ces œuvres proviennent du même réalisateur. Et tout comme Rango, ce Lone Ranger est un film ne reniant à aucun moment ses inspirations. D’abord dans sa transposition scénique. Verbinski fait ainsi dès le début référence à Little Big Man, avec ce vieil indien qui nous conte l’histoire. Mais bien plus visible, l’arrivée du train en gare, attendu longuement par une poignée de justiciers. Que ce soit dans les décors, les plans, les sons, tout est fait pour rappeler la même scène dans Il était une fois dans l’Ouest.  Mais ce n’est que le début, car en vérité, on pourrait même dire que l’ensemble du film est un hommage à Il était une fois dans l’Ouest. Les thèmes abordés d’abord (le dernier Texas Ranger, le dernier indien, le chemin de fer …) la mise en scène mais aussi et surtout la bande son de Hans Zimmer, que j’ai tout simplement trouvé excellente. Hans Zimmer prouve que lorsqu’il est dirigé par des réalisateurs compétents et sans doute plus exigeants, il est encore capable de faire de très belles compositions, bien que celle-ci soit très inspirée, voire repompée par moment, sur celles de Morricone.
 

Lone Ranger bien sûr nous fera vivre quelques scènes très classiques de blockbuster, mais celles-ci sont finalement vraiment sympathiques, jusqu’à cette bataille finale à travers divers wagons plutôt impressionnantes. De plus, il y a bien un humour Disneyesque mais celui-ci n’est jamais lourd. Mieux, il est parfois efficace.

Enfin, ma dernière crainte était au sujet de Johnny Depp bien sûr. J’avais peur qu’à l’instar des Pirates des Caraïbes, il ne vampirise totalement cette œuvre. Or, son personnage de Tonto est souvent relégué en second plan derrière celui du Lone Ranger. C’est assez surprenant. Mieux encore, via un flashback sur la jeunesse de l’indien, le personnage prend une tout autre épaisseur, et la scène est vraiment émouvante. Oui, même moi je fus ému.

Décidemment, ce Disney est étonnant. Et je comprends maintenant pourquoi celui-ci fait un véritable flop aux Etats Unis. Verbinski ose ce que peu auraient osés pour un Blockbuster. Le film prend clairement parti pour les indiens par exemple. Les méchants du film sont les capitalistes prêts à tout pour l’avancement du chemin de fer. Ainsi, on se retrouve avec une scène de massacre d’indiens avec en fond des phrases patriotiques. Nul  doute que le peuple américain n’a pas dû apprécier que pour une fois, un film ose prendre parti contre ceux que l’histoire américaine adule.  Et surtout, dans ce film, il n’y a personne pour sauver ces indiens ou prendre leurs défense. Non, ils se font massacrer, c’est tout. C’est certes la vérité, mais Disney est audacieux finalement de sortir un film qui, entre deux scènes spectaculaires, nous montre une triste réalité de l’histoire. C’est là la force de Lone Ranger. S’il est divertissant, il cache véritablement en lui un scénario plus profond qu’il n’y parait. Verbinski distille à merveille ses idées. Le film est plus intelligent qu’il n’y parait sans pour autant en avoir la prétention.

Note finale > 14/20 :Bien sûr, Lone Ranger possède aussi ses défauts, comme justement cet humour parfois lourd, ou des scènes dignes de Pirates des Caraïbes que je n’apprécie guère. Néanmoins, il regorge d’un grand potentiel. Verbinski ose raconter une histoire plus profonde qu’attendue, tout en nous divertissant. C’est foutrement efficace. Lone Ranger pourrait faire parti de ces blockbusters dont la valeur sera revue à la hausse avec le temps. Quoi qu’il en soit, il se place facilement dans le haut du panier cette année.

Et Gore, si tu me lis (oui je sais je fais souvent ça alors que les réalisateurs s'en contrefichent de ce que je peux bien écrire) continue à faire des westerns, c'est ce que tu fais de mieux.

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