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    Les sorties 2013 : la sélection de Jethro !

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Amoureux de la musique hors-norme, que ce soit le Heavy Metal tranché et explosif ou le Hip-Hop à coup de lourdes basses à faire trembler les murs et de flows à glacer l'échine, cet articles est pour vous ; les autres... aussi ! Après tout c'est là l'occasion de sortir des gros succès insipides et de faire un tour du côté de la musique qui secoue la tête autant que l'âme. On y va !

Megadeth - Super Collider

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Si l'on doit trouver un point commun entre ces trois albums, c'est l'entrée en matière, très efficace. Megadeth réussit son coup en nous sortant un Kingmaker qui sent bon le thrash comme on l'aime. La musicalité reste signée comme on l'attendait, la qualité est optimale, et l'ambiance est là, inquiétante mais puissante, brutale mais efficace. Chris Broderick envoie la sauce avec des soli de guitare à couper le souffle, et la batterie de Shawn Drover martelle et ravage tout sur son passage comme un Panzer à travers les Ardennes.

On a plaisir à écouter le reste de l'album, aussi efficace que les treize précédents depuis 1985. Une musicalité travaillée (un souhait majeur du chanteur/guitariste Dave Mustaine, qui ne voulait pas sonner comme n'importe quel groupe de thrash, et c'est assez réussi : Megadeth mérite vraiment sa place dans le Big Four), des innovations et recherches stylistiques (notamment dans le surprenant The Blackest Crow, avec son intro et ses passages façon country bluegrass, à la fois drôles, inattendus et géniaux), et une sincérité toujours présente.

La maturité se fait énormément ressentir, tant dans les sujets de chansons, traitants d'expériences de la vie et de faits-divers, que dans ce qu'on pourrait reprocher au groupe, un manque de mordant et d'agressivité que recherchent souvent les fans comme moi en Megadeth. Super Collider, par exemple, fait relativement tache dans le lot, ressemblant plus à une chanson rock tranquille, tout de même un peu plus hard que rock (le clip est d'ailleurs assez drôle, on peut voir le groupe en bons citoyens lambda, notamment Dave Mustaine en bon père de famille, le tout dans une ambiance de film d'adolescents américains).

Ceci étant dit, ce "défaut" n'enlève rien à la qualité de l'album. L'attente a été comblée, le groupe n'est pas prêt de baisser les bras ni la qualité, pour notre plus grand plaisir ! Le prochain album se devra peut-être de comporter des chansons inoubliables, de vraies tueries à marquer dans l'histoire, ce dont Super Collider manque un peu.

Note finale > 4/5.

Black Sabbath - 13

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Là, pour le coup, il s'agit d'une vraie attente. Pour ceux qui ne le sauraient pas (ne les blâmons pas, personne n'est omniscient), Black Sabbath est LE premier groupe de Heavy Metal, celui qui a posé les bases du genre et inspiré des milliers d'autres groupes, la référence ultime et le groupe que toutes ces petites têtes chevelues qu'on appelle, affectueusement ou pas, "métalleux", se doit d'écouter et d'aimer (et le fera dans tous les cas). Le groupe légendaire a commencé à noircir l'horizon musical coloré et édulcoré de la période hippie en 1970, et les voici de retour et d'attaque, après 43 ans de carrière et 18 années d'absence en studio. End Of The Beginning nous plonge dans l'ambiance des premiers albums de Sabbath, un riff saturé et malsain, une musicalité faite d'ombres et d'horreurs, et un Ozzy Osbourne qui fait lui aussi plaisir à entendre, 35 ans après son dernier album avec Black Sabbath.

Une excellente introduction vers une chanson qui, je pense, restera inscrite au top des chansons du groupe : God Is Dead ?. Un riff Sabbathien, une thématique Nietzschéenne, une ambiance malsaine... tout pour plaire. De plus, la qualité est présente, le son n'est pas "trop parfait", juste assez "crado" pour ajouter à l'ambiance et assez propre pour le plaisir des oreilles. L'album fait même des références musicales à des chansons des premiers albums, comme Black Sabbath, N.I.B., ou même War Pigs. Bref, que demande le peuple ?

Il pourrait en tout cas demander des chansons moins longues : la plupart font 8 minutes, ce qui n'est pas gênant en soit, sauf quand elles sont bonnes sans être plus que bonnes. C'est toujours plaisant à écouter, certes, mais parfois long et répétitif. C'est ce qui en fait sa force et sa faiblesse, l'ambiance lourde et pesante se doit d'être signifée par la longueur des chansons, mais parfois elles ne captent plus l'attention de l'auditeur, qui peut  vite passer à autre chose.

Contrairement à Megadeth, l'album est plus contrasté, dans le mauvais comme dans le bon côté de la chose. L'attente a été plus longue, plus grande que pour Megadeth, et elle a été comblée comme il se doit. Certes, tout n'est pas génial dans 13, mais rien n'est à jeter, les papys du Metal ont toujours la pêche et ils le montrent, n'en déplaisent à ceux qui voudraient enterrer le rock. Black Sabbath vient d'outre-tombe, et sortira toujours de celle-ci pour nous hanter.

Note finale > 4/5.

Dope D.O.D. - Da Roach

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Retenez bien ce nom, car vous risquez d'en entendre parler sous peu : Dope D.O.D., jeune groupe de rap hollandais, est bien partit pour durer. Leur premier album, Branded, sortit en 2011, était une démonstration de force qui avait réussit à épater son public toujours grandissant. Après un Branded aggressif, voici un Da Roach meurtrier.

Le succès du groupe (en moyenne 1 million de vues par clip sur youtube, leur plus gros succès What Happened dépassant largement les 12 millions) est justifié, malgré la violence musicale du style, pas très "grand public". Un son très lourd, percussif, plus grinçant et malsain que ce qui s'est fait dans le Hip-Hop jusqu'alors. Une certaine maturité gagnée vis-à-vis du premier album, Dopey Rotten étant plus présent, Skits Vicious plus chantant et Jay Reaper plus incisif. Ajoutez à tout cela une ambiance de films d'horreur, avec des samples et une tonne de références cinématographiques (Shining, Psychose, Apocalypse Now, Braindead, Panic Room, et j'en passe), et vous obtenez le bonheur et la puissance à l'état pur, et ce pendant une heure et demi. Oui, tant que ça : 17 chansons, une heure et demi de musique ! On en a pour son argent.

Malgré quelques chansons très bonnes mais sans plus, l'album contient de vrais perles, telles que les chansons Millenium Falcon, ouverture efficace (encore une) sur un album, vous l'aurez compris, absolument génial, Brainworms, symbole à lui tout seul de la chanson d'horreur, Rocket, une chanson à faire s'effondrer ses murs, et Panic Room, une collaboration entre Dope D.O.D. et Onyx,le groupe de rap des années 90, avec un Sticky Fingaz à la voix, comme il le dit lui-même, "gargouillante comme son estomac affamé"; de quoi exploser votre pauvre cervelle, surtout si elle est inhabituée à de telles manifestations de puissance. En plus des perles, deux surprises majeures : Granted, chanson-biographie des trois MC, qui part sur une première moitié disons "aîgre-douce", pour finir sur un instrumental apaisant, qui tranche avec le reste et qui berce votre âme tourmentée ; l'autre surprise de taille est The Butterfly Effect, avec un beat aussi drôle et sautillant que les paroles, à caractère hyper et cyber-pornographiques, un vrai catalogue à site pour adultes.

En bref, Dope D.O.D. a fait un travail remarquable, nous a fournit de quoi s'empifrer musicalement jusqu'à l'étouffement jouissif. Le groupe est partit pour durer, non seulement pour son ambiance et sa qualité musicale, mais surtout par son honnêteté vis-à-vis du public (il ne s'agit pas là de sampler, voir plagier tout ce qui bouge pour faire de l'argent, mais réellement d'offrir de la vraie musique, du vrai ressenti, bref, du VRAI rap). Vivement la suite !

Note finale > 5/5.

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