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    Ubisoft : Une interview qui pose questions

  • Actus jeux vidéo
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Le studio Ubisoft a connu de meilleurs jours, entre une affaire de harcèlement lancée en 2020 et qui a bien du mal à se résorber, des créations en berne depuis plusieurs années, un modèle de Game as Service poussé à l'excès qui crée des échecs économiques et Tencent qui rode dans les parages. C'est dans ce contexte que le patron, monsieur Yves Guillemot, a donné une interview au média canadien La Presse dan laquelle il évoque quelques uns de ces aspects. Et même si l'interview est courte et sans piège, quand bien même de vrais questions de fond sont posée, c'est un pur condensé de réponses douteuses qui nous est offert par le chef de l'éditeur d'Assassin's Creed.

Entre une installation au Canada justifiée par un lien avec un lobbyiste et pour éviter d'apprendre l'anglais et la justification du Game as Service qui doit amené à des jeux rémunérateurs sur 5 à 10 ans, on est déjà bien servi. On remarquera le non-démenti du fait que l'âge d'or créatif de l'entreprise s'est bien terminé il y a plusieurs années, la volonté de capitaliser sur ses licences avant tout pour maximiser son profit ou encore des réponses très floues sur les projets d'avenir qui n'indiquent rien de bon. Une collection de balles dans le pied sans même que les questions ne soient pressantes.

Mais là ou sa confine au sublime, et au chargeur complet vidé dans des pieds déjà bien troués, c'est lorsqu'il est question d'évoquer les mesures prises face aux accusations de harcèlement moral et sexuel sorties en 2020. On enchaine les poncifs flous avec ce superbe duo de phrases : "On avance vraiment à bon rythme. On en parle moins, nous, dans l’entreprise." Aucune mesure concrète n'est évoquée face à des salariés qui appelaient il y a encore peu à prendre plus de mesures. Enfin, on a le droit à clou du spectacle et à la justification au moins partielle de ces agissements par le fait que la création de jeux vidéo implique de "la friction" car c'est une industrie qui crée beaucoup de tensions.

Monsieur Guillemot a essayé de se rattraper en s'exprimant auprès de Kotaku pour dire que "la friction" faisait référence aux échanges créatifs qui impliquent bien souvent que chacun face des efforts pour que le projet puisse avancer avec les contributions de chacun. Si on pourra encore discuter de cette justification, elle ne change rien aux nombreuses maladresses de monsieur Guillemot, qui ne sont pas nouvelles, et qui montre qu l'avenir d'Ubisoft est loin de s'être éclairci, malgré un récent Ubisoft Forward plutôt encourageant.

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