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    The Sinking City : Bataille juridique contre Big Ben Interactive

  • Actus jeux vidéo
  • Mis en ligne le

Le jeu The Sinking City, s'appuyant sur l'univers de l'écrivain H.P. Lovercraft et sorti l'année passée, n'est plus disponible à l'achat sur certaines plateforme, dont Steam, depuis quelques jours. Le développeur Frogwares explique cette situation dans un billet de blog (en VO ici), qu'on vous résume dans cet article. Et la position de l'éditeur français Big Ben Interactive, devenu officiellement Nacon il y a quelques semaines, n'est pas reluisante.

L'histoire commence 2 ans avant la sorti du jeu, lorsque Frogwares définit un contrat d'édition avec Big Ben, comme il s'en fait des dizaines chaque semaine. Le deal est simple : Big Ben finance régulièrement le développement selon un plan pré-défini, Frogwares tient le calendrier décidé et les bénéfices des ventes sont réparties selon une décision déjà convenue. Rien de bien compliqué mais l'éditeur français, selon le studio ukrainien, ne va pas tenir ses engagement, en ayant en moyenne 40 jours de retards sur les paiements, pendant que Frogwares tenait les délais. Cette situation déjà délicate a basculé vers encore pire au moment de la sortie.

C'est assez simple, Big Ben s'est accaparé la très grande majorité des revenus en agissant comme s'il était détenteur des droits sur la propriété intellectuelle du jeu, ce qui est entièrement faux. Au milieu de tout cela, un autre studio a été mandaté pour réaliser un jeu sur l'Appel de Cthulhu, une concurrence directe où Big Ben demandera le code source à Frogwares pour le redonner à son autre studio. Et pour couronner le tout, Big Ben a estimé que Frogwares n'a pas respecté les délais prévus, cassant donc une partie du contrat pour éviter de payer à son développeur les 4 derniers mois de développement.

La rétention d'information et d'argent s'est poursuivie sur cette première année de vie du jeu, le développeur n'arrivant pas à obtenir les vrais chiffres de vente de son produit. Big Ben fait la sourde oreille de son côté et rejette parfois la faute sur les plateformes de vente en ligne, une défense contestée avec preuve par Frogwares. Le studio s'est donc retrouvé en position difficile sur le plan économique et a décidé de casser complètement le contrat pour récupérer l'entièreté des droits sur sa créations.

En parallèle, l'éditeur français à changé de nom et est devenu Nacon. Lors de la présentation de cette nouvelle entité devant les autorités financières, le jeu The Sinking City était mentionné comme une création du studio, ce qui est entièrement faux. Ce mensonge s'est retrouvé sur différentes boites du jeu, où le studio Frogwares n'était mentionné que comme entreprise d'appoint et non comme détenteurs des droits de propriété intellectuelle.

Sauf que la situation ne s'est pas arrêtée là. Lorsque Frogware a demandé à casser le contrat, Big Ben a invoqué la loi d'état d'urgence lié à la crise du Covid-19, une loi française ayant pour but de protéger du mieux possible les entreprises françaises face à la crise économique qui succédera à la crise sanitaire. Big Ben a ainsi évoqué auprès de son développeur une situation financière précaire qui lui donnait droit d'activer cette loi, et ainsi de conserver les gains engendrés par le jeu. Frogwares explique de son côté que le contrat était muni d'une clause de force majeure, rendant caduque sur le champs le contrat. De plus, la situation financière de Big Ben/Nacon n'est pas du tout précaire, selon les remarques même de l'entreprise française juste après le confinement lié au Covid-19, qui a boosté ses ventes.

Toute cette histoire n'est pas finie et Frogwares a préféré retirer son jeu de la vente via Steam, tout en donnant accès au jeu via son site, pour être sûr de récupérer l'intégralité de l'argent des ventes. Cette affaire est maintenant devant la justice et c'est pourquoi le développeur dévoile l'ensemble de ces détails de façon publique.

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