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    Mois-Sonneur #70 : 2019, année moyenne ?

  • Mois-Sonneur
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Nous voilà à la fin d'année, le temps de faire un petit bilan sur une année plus compliquée à analyser que d'habitude. On se pose donc doucement dans ce Mois-Sonneur, n'hésitez pas à donner votre avis ou à retrouver ci-dessous un billet un peu plus long sur cette année 2019 et ses moments marquants.

Un jeu de l’année au rabais ?

L’année 2019 touche à son terme et il ne se passera plus grand chose d’ici le début d’année 2020, on peut donc se donner le droit de lancer la période des bilans annuels. Et cette année 2019 est très compliqué à résumer dans le monde du jeu vidéo, en atteste les nominés des Video Game Awards, pour une compétition plus flou que jamais. Comme toujours il y a eu des débats et des critiques, avant même que le résultat ne soit annoncé. Mais cette année n’est pas tout à fait aussi lisible que certaines années du passé.

2015 : The Witcher 3 et Metal Gear Solid 5. 2017 : Zelda Breath of the Wild et Horizon Zero Dawn. 2018 : God of War et Red Dead Redemption 2. Et plus dans le passé, on peut faire 2013 : GTA 5 et The Last of Us ou 2011 : Skyrim et Gears of War 3. Et si on essayait sur 2019, on aurait de suite plus de débat et pas vraiment de têtes qui ressortent du paysage. Dans le désordre, on sortira de façon équiprobable Death Stranding, The Outer Worlds, Star Wars Jedi Fallen Order, Kingdom Hearts 3, Metro Exodus, Control ou encore Sekiro Shadows Die Twice ou le remake de Resident Evil 2. Et essayer de faire le tri paraît insurmontable.

Si vous avez été attentifs, vous avez remarqué des trous dans les années que j’ai cité précédemment. Des années un peu moins pleines, on en a déjà eu, et récemment. En 2016, c’est Overwatch qui est sorti avec le titre de jeu de l’année, et je vous mets au défi de ressortir qui aurait mérité d’être dans la compétition de tête. Même chose en 2014 où c’est Dragon Age Inquisition qui avait récupéré le titre de jeu de l’année ou en 2012 où c’est The Walking DEad par Telltale Games qui était reparti avec la plus prestigieuse récompense, à la surprise générale à ce moment là.

Sur les 3 années citées, on a 3 cas bien différents, entre un jeu d’arcade bien soutenu par le nom de son développeur, une anomalie incompréhensible et un indépendant pas assez connu à ce moment là. Et, pour complexifier les choses, l’année 2019 ne semble pas ressembler à ces cas du passé. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

Car si aucun jeu ne semble sortir la tête du rang, il faut aussi regarder la taille du rang. Et dans les noms que j’ai cité plus tôt, il y a du lourd. Pas du très lourd forcément, mais une densité quand même impressionnante, dans plusieurs styles différents, pour plusieurs types de joueur. À cela, il convient aussi d’ajouter des indépendants d’un niveau incroyable comme Disco Elysium, Gris, Sayonara Wild Hearts, Baba is You ou Outer Wilds. Des jeux qui se feront tous un nom au-delà de l’année qui leur sera accrochée, une sacrée performance.

Finalement, cette compétition des Video Game Awards est assez représentative de l’année 2019 dans sa globalité dans l’industrie. Souvenez-vous, il y a 1 an, Epic Games n’est qu’un concurrent très courageux face à l’ogre Valve, Google fait des tests de cloud gaming, la prochaine génération de console est une rumeur et EA, Ubisoft et Activision sont encore les rois incontestés du marché. Une situation qui nous paraît très loin aujourd’hui, après une année chahutée où tous les repères ont volés en éclat.

On n’est même plus surpris quand Apex Legends s’annonce au dernier moment, monte au point de concurrencer Fortnite avant de rentrer assez violemment dans le rang. On n’est même plus surpris quand Epic Games fait une attaque ouverte à Valve ou qu’un studio à moitié détenu par un géant chinois prend des positions discutables sur une crise sociale internationale. On n’est même plus surpris quand Sony nous annonce la PS5 en milieu de semaine par un tweet nul ou que Microsoft nous parle de sa Scarlett sans annoncer de jeux dessus.

Tous les repères ont volés en éclat, alors qu’on pensait avoir enfin mis les deux pied dans la nouvelle génération. On venait de se poser, entre God of War, Red Dead Redemption et Spider Man, et il faut déjà bouger et retrouver le sens de cette industrie. Faut-il faire du monde ouvert ? De l’expérimental ? Un beau remake ? Ou alors reprendre une recette qui a été bafouée dernièrement par les grands studios ? Personne ne sait, tout le monde essaye, avec ses réussites et ses échecs, et bien souvent un mélange des deux.

2019 restera difficilement comme une année marquante du jeu vidéo. 2019 n’est pas dans la même compétition que 2015, 2017, 2018, 2013 ou 2007. Mais 2019 est quand même une année importante, qui aura vu beaucoup de bouleversements sous-jacent. Le genre de changements qu’on ne perçoit pas mais qui impacte l’industrie bien plus longtemps. Ou alors, 2019 restera peut-être comme l’année où on ne savait pas, où il y avait la place pour essayer, où on a essayer et où tout à repris son cours par la suite. La seule certitude, c’est que seul l’avenir nous le dira.

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