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    Mois-Sonneur 60 : Qu'attendre de 2019 ?

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L'année est repartie depuis un mois, il est donc temps de proposer un Mois-Sonneur. Pour bien démarrer l'année, je joue au jeu des prédictions pour l'année à venir, les bilans ayant déjà été effectués. Comme d'habitude, vous retrouvez ci-dessous le Mois-Sonneur en vidéo, n'hésitez d'ailleurs pas à partager ou à commenter. N'hésitez notamment pas à proposer vos propres prédictions pour l'année à venir, ce sera amusant de se retrouver dans 1 an pour voir à quel point nous nous étions trompés. En dessous de la vidéo, vous retrouvez un billet plus complet sur la question du mois, où je rentre dans les détails de l'année à venir.

Qu’attendre de l’année 2019 ?

2018 est terminé, les bilans ont été tirés et il est temps de se tourner vers 2019. L’année a d’ailleurs commencée à toute vitesse, rattrapant certainement une année 2018 très calme et même peut-être décevante, en comparaison avec 2015, 2016 ou 2017. Malgré tout, il est intéressant de jouer au jeu annuel de la projection dans l’année civile, dont le calendrier ne coïncide pas toujours avec les impératifs du marché vidéo-ludique.

Les premiers à passer dans la boule de cristal sont les petits studios. Je mets de côté les indépendants, qui existeront toujours et sont même de plus en plus soutenu à travers des structures comme Electronic Arts, Square Enix ou Take-Two et leurs antennes dédiées. Les “petits” studios, ce sont les Bandai Namco, Capcom et autres THQ Nordic, qui devraient continuer à prendre de la place. La stratégie de ces dernières années ne devrait pas bouger et on devrait continuer à voir des projets prometteurs venant de ces maisons. On pense par exemple à Metro Exodus ou Resident Evil 2 Remake, sans compter les jeux de niche que ces éditeurs sont toujours capable de fournir, dans le domaine du combat, de la course ou même du jeu d’avion (oui c’est à Ace Combat 7 que je pense). La qualité est au rendez-vous et les joueurs répondent présent, aucun risque que tout cela s'effondre.

On passe aux studios intermédiaires comme Bethesda ou Square Enix qui s'apprêtent à vivre une zone de turbulence. Les raisons de façade sont différentes, les raisons profondes sont assez semblable. Pour faire simple, créer des jeux à gros budget demande énormément d’argent à l’heure actuelle, à tel point qu’il faut des ventes monstrueuses pour retomber sur ses pieds. Or, ces deux studios ont subi ces dernières années des revers commerciaux (on peut citer à la volée Dishonored 2, The Evil Within 2, Wolfenstein 2, Deus Ex Mankind Divided, Shadow of the Tomb Raider, Fallout 76, etc) sur des jeux à gros budget. Les réserves ont été entamées et les grosses licences qui pourraient tout sauver sont loin d’arriver (The Elder Scrolls pour l’un, Final Fantasy pour l’autre). On pourrait donc entendre parler de réduction d’effectifs et de restructuration, l’important sera de passer l’année et de nouer des contrats avec des petits développeurs pour ramener un maximum d’argent à moindre frais.

On en arrive aux gros éditeurs. Le quatuor formé par Activision Blizzard, Electronic Art et Ubisoft, les trois plus gros éditeurs et anciennement le “big three”, rejoint depuis peu par Take-Two. Ce groupe peut d’ailleurs se scinder en deux, avec les trois plus anciens dans une dynamique, et le petit nouveau dans la dynamique opposée. Plus précisément, Take-Two sort d’une année fantastique avec Red Dead Redemption 2 mais surtout, c’est une politique de près de 5 ans qui amène le studio a monté à base de jeux de grosses qualités exactement vendu au bon public. Une rentabilité maximale, réinvestie continuellement envers des studios libres, dirigés par des créateurs, aucun nuage à l’horizon.

C’est plus compliqué pour le trio restant. De la à parler de fin de règne ? On va rester calme. Ubisoft s’attire les foudres des joueurs depuis longtemps mais la communauté du français est toujours aussi épaisse. Surtout, son modèle de jeu comme service semble avoir pris sur plusieurs titres, lui assurant un revenu confortable. Il ne reste plus qu’à retrouver un peu de créativité, mais pas sûr que ce soit la stratégie du moment. Pour EA, la situation est plus problématique. Tout juste sorti de l’affaire des loot boxs (on va dire qu’ils en sont sortis même si c’est un peu plus compliqué que cela), l’éditeur a essuyé des revers économiques, de son propre aveux. Les joueurs en ont marre du réchauffé et il serait temps de sortir de grands projets ambitieux. Problème, les studios ferment les uns après les autres et les talents partent. L’année sera compliquée mais pourrait marquer un tournant de restructuration, certainement nécessaire pour le long terme. Enfin, Activision Blizzard est en pleine restructuration. Pas facile de voir vers où va le plus gros éditeur, qui pourrait bien emprunter les voies du jeu comme service et du Battle Royale.

Du point de vue des consoles et des constructeurs, on aimerait dire que la situation est plus claire mais ça n’est pas vraiment le cas. Les rumeurs autour de la prochaine génération se font de plus en plus insistantes, et l’actualité les conforte. Sony qui zappe l’E3, Microsoft qui recrute des studios sous son aile, ça sent la grosse annonce à venir. Dès cette année ? Je prends le pari de dire que non. En tout cas, pas de sortie cette année mais peut-être de premières vraies annonces, plutôt pour la deuxième moitié de l’année. Et pour Nintendo ? Le constructeur va continuer de tout exploser avec sa Switch, sans que personne ne comprenne vraiment comment.

Après avoir parlé des éditeurs, il convient de dire un mot sur les développeurs, qui auront leur mot à dire en 2019. 2018 a été marqué par de nombreuses révélations sur des conditions de travail au moins discutable. Cela a touché quasiment tout le monde, de Quantic Dreams et son Detroit à Rockstar et son Red Dead Redemption 2 en passant par CD Projekt RED, Telltale Games ou bien Overkill. Le public est maintenant sensibilisé et cela pourrait peut-être faire bouger quelques lignes. En tout cas, on ne serait pas surpris de voir arriver une grande vague de protestation dans le milieu, qui pourrait bien rebalancer quelques cartes.

Dernier acteur majeur de 2019, le géant chinois Tencent pourrait être un peu plus visible cette année. Déjà au capital de plusieurs entreprises (Epic Games, Ubisoft, Activision ou Riot pour n’en citer que les plus connus), l’entreprise chinoise pourrait bien sortir définitivement de l’ombre et décider du sort de l’industrie. On attend en tout cas de voir les implications des mouvements de ces dernières années, qui n’ont pas été fait pour le bien du monde ou la santé de l’industrie. Le seul but de Tencent est de se faire de l’argent en contrôlant intégralement le marché, à l’image d’un Disney dans le cinéma.

Tout cela nous promet une année 2019 riche en informations mais surtout une année charnière. Les gros jeux ne devraient pas manquer, comme Death Strandings, The Last of Us 2 ou, en s’avançant un peu, Cyberpunk 2077 et Ghost of Tsushima. Surtout, on devrait avoir une année de transition, après une année 2018 tranquille qui a servie de repos après 2015,2016 et 2017 qui étaient très chargées. Ou peut-être que rien de tout ceci n’arrivera, que je me suis complètement trompé dans mon analyse et qu’on en rigolera bien dans 1 an. Rendez-vous dans 365 jours pour en avoir le coeur net.

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