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    Mois-Sonneur #59 : Quel est le meilleur jeu cette année ?

  • Mois-Sonneur
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La fin d'année est là, c'est donc l'heure de faire un petit bilan. Et quoi de mieux que de se poser autour de la question du meilleur jeu de l'année ? On vous donne une partie de notre réponse dans le Mois-Sonneur 59, l'autre partie est dans le billet sous cette vidéo. N'hésitez pas à commenter pour nous donner votre avis.

Le meilleur jeu de l’année 2018 est …

Le rideau s’apprête à tomber sur l’année 2018, il est donc temps de faire un bilan. Dans l’industrie du jeu vidéo, ce bilan est synonyme de trophée du meilleur jeu de l’année. Une récompense officiellement distribuée lors de la cérémonie des Game Awards, mais qui est aussi déclinée selon une multitude de médias, donnant plus de visibilité aux jeux importants de l’année.

Il n’est pas question ici de deviner quel titre remportera la consécration. D’ailleurs, le temps que ce texte soit publié, le show aura déjà eu lieu et le résultat sera connu. Pour autant, il est intéressant de se poser la question à nous-même, indépendamment d’un quelconque autre média. Parce que l’année 2018 a été riche, étonnante et remplie de jeux incroyables. Mais aussi parce que choisir un seul jeu à retenir et sur lequel mettre l’étiquette de “Meilleur jeu 2018” n’est pas une tâche aisée.

Que signifie ce titre de Meilleur jeu de l’année ? On pourrait argumenter que la première règle à respecter est d’être sorti en 2018. On se couperait alors de Fortnite, qui a gagné le titre lors des Golden Joystic Awards uniquement sur son mode Battle Royale, et alors qu’il est toujours officiellement en bêta. On peut donc élargir la définition à tout jeu, ou partie de jeu, qui était disponible auprès des joueurs en 2018. Pour autant, il faudrait exclure tout jeu qui était disponible les années précédentes, pour éviter d’avoir à élire le meilleur jeu de tous les temps, ce qui serait une autre sorte de tâche ardue. Là encore, cette règle poserait problème à Fortnite qui, quoi qu’on en pense, à bien été l’un des jeux marquant de l’année 2018.

C’est là le deuxième aspect de la définition. Comment un jeu peut-il être meilleur que tous les autres de la même année ? Est-ce qu’il s’agit du jeu ayant le plus d’influence ? Et dans ce cas, comment valorise-t-on cette influence ? Par exemple, un jeu comme Fortnite qui est à 200 millions de joueurs et avec une renommée dans les médias grand public, est-il plus influent qu’un Red Dead Redemption 2, qui va représenter dans le temps le jalon de comparaison des jeux à monde ouvert.

Si on laisse l’influence de côté, un jeu est-il meilleur parce qu’il est mieux réalisé ? Dans ce sens, cela signifierait qu’il a moins de bugs. Il faudrait alors faire un genre de ratio entre le nombre de bugs, leur importance et l’ampleur du jeu. Cela reviendrait simplement à récompenser des équipes de codeur et ce serait enlever toute la dimension artistique du jeu vidéo. Il n'empêche qu’un très bon jeu bourré de bugs, ça n’existe pas.

On pourrait aussi dire que cette notion de meilleur jeu devrait revenir au jeu le plus divertissant de l’année. Beaucoup argumenteront que le jeu vidéo est avant-tout un jeu, et donc qu’il faut s’amuser. Cela signifierait qu’entre God of War et Spider-Man, le prix irait à l’homme araignée et à son développeur Insomniac Games. Pourtant, beaucoup de joueurs ont été touchés par la narration de la dernière aventure de Kratos. Il faudrait donc intégrer une dimension de scénario en plus de l’amusement. Cela laisserait alors sur le carreau un Super Smash Bros Ultimate, qui s’apprête pourtant à marquer quelques joueurs.

Il est aussi possible de dire que c’est facile pour Santa Monica, Insomniac Games ou Rockstar. Ces studios sont immenses, ont des moyens incroyables et des équipes géantes. Il faudrait alors ramener un jeu aux conditions de sa réalisation, ce qui mettrait en avant, sans aucun doute, des jeux indépendants comme Return of the Obra Dinn ou Celeste. Après tout, ces deux bijoux ont été fait de façon plus artisanale que les blockbuster, avec un résultat plus proche de la vision de leur créateur, et pour un rendu tout de même de grande qualité, que ce soit dans le divertissement, la narration ou le peu de bugs.

Vous l’aurez compris, il ne va pas être facile de se mettre d’accord autour d’une unique définition du meilleur jeu de l’année. Et je n’ai même pas évoqués les sous-genre particuliers, les joueurs de jeux de sports, de jeu de gestion ou de stratégie auraient encore d’autres critères et d’autres noms à amener sur la table. Pourtant, au bout, il faut trancher et n’en garder qu’un.

En 2018, la sortie d’un jeu Rockstar semblait régler la question. Le studio britannique à toujours le chic pour truster la première place d’un tel classement. Parce que ses GTA sont influents dans tous les sens du terme, que ce sont de formidables divertissements, des jeux à profondeur insoupçonnées, des témoignages d’une époque et pour autant des reflets de ses créateurs. Et le tout dans une réalisation technique qui remet à zéro les canons du moment. Toutes les cases sont cochées et même si certains ont préférés faire The Last of Us ou Bioshock Infinite en 2013, c’est bien l’aventure de Michael, Trevor et Franklin qui est reparti avec les honneurs, sans aucune contestation possible.

Sauf que cette année, tout ne s’est pas passé comme prévu, notamment à cause d’un demi-dieu grec un peu plus coriace que prévu. Lors de la sortie de God of War, le doute a pointé le bout de son nez. Car Kratos avait su se renouveler, se réinventer et passer d’une série de jeu d’action frontale à une épopée épique et intimiste à la fois. Le tour de force était énorme, et toute personne qui y a joué à un moment pensé que ce serait quand même compliqué pour Red Dead.

Et puis l’aventure de Rockstar est arrivée, emportant tout dans son passage chez les journalistes mais avec des retours plus mitigés chez les joueurs. Oui, le jeu propose des avancées techniques assez dingues mais finalement plus destinées à des développeurs qu’à des joueurs. Oui, le jeu est vaste, détaillé et fun à jouer. Mais il est aussi plein de bugs, fonctionne sur d’anciennes mécaniques et propose assez peu de moments dont on se souviendra.

Vous pouvez faire le jeu, dessiner un tableau avec les différents critères d’un meilleur jeu de l’année et pour chacun, God of War et Red Dead Redemption 2, choisir lequel des deux est le meilleur dans chaque catégorie. Vous pourriez bien obtenir une égalité ou en tout cas pas une victoire aussi franche que prévue.

Mais tout cela n’a que finalement peu d’importance. Oui, l’un de ses jeux, je mets une pièce sur Red Dead, aura les honneurs du titre, et ce dans de multiples cérémonies. Cela n’empêche pas de ne pas oublier les autres jeux de cette années 2018. Au long de cet article, j’ai cité les jeux les plus marquant de façon générale et tous sont à retenir, car tous ont marqué l’année à leur façon. Qui se souvient qu’Uncharted 2 ou Dragon Age Inquisition ont gagné le prix de jeu de l’année ? Et combien seront surpris d’apprendre que Mass Effect, Portal 2 ou encore Halo 3 n’ont pas eu ce privilège ? Et la liste pourrait continuer encore et encore. Parce que ce n’est pas un prix qui donne sa valeur à un jeu, c’est l’expérience que vous avez vécu, vous personnellement, avec lui.

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