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    Mois-Sonneur 58 : Google bouscule l'industrie

  • Mois-Sonneur
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Dans le Mois-Sonneur 58, retour sur l'actualité d'Octobre 2018, un mois relativement calme par rapport à ce que l'on est habitué en cette période de l'année. Il faut dire que la sortie de Red Dead Redemption 2 a fait peur à beaucoup d'analystes financiers qui ont conseillé à tout le monde de se pousser. Seul Google s'est permis une grosse actualité en réalisant un test de cloud gaming. C'est d'ailleurs le sujet du billet que vous retrouvez ci-dessous. Comme d'habitudes, n'hésitez pas à commenter, que vous soyer d'accord ou non.

Et Google entra en jeu.

Le temps fort de ce mois d’Octobre 2018 est sans aucun doute la sortie de Red Dead Redemption 2. Sauf que, dans quelques temps, on pourrait bien se souvenir de ce mois pour une toute autre raison. Non pas parce que le jeu de Rockstar est facilement oubliable, mais parce que le vent de l’histoire y à peut-être démarrer son souffle. Google s’est lancé dans le jeu-vidéo.

Si vous n’avez pas suivi l’info précisément, vous êtes peut-être un peu suspicieux. Comment ça ? Google se lance dans le jeu-vidéo et personne n’en parle ? C’est parce que le premier pas qu’a fait le géant d’internet est un peu périphérique, à la limite de la science-fiction, via le cloud gaming. Mais ce pas pourrait bien être plus important qu’il n’y paraît.

Le cloud gaming dérive du cloud computing, une idée technologique quasiment aussi vieille que l’informatique. En quelques mots, il s’agit d’avoir une puissance de calcul stockée à un endroit précis, dans le cloud, auquelle chacun pourrait avoir accès via un terminal personnel. Ainsi, pas besoin d’avoir un ordinateur très puissant chez soi, ni même de se pré-occuper de changer son matériel pour rester à jour. Il vous suffit d’un écran, d’un combo clavier-souris et d’une bonne connexion à internet et à vous l’ordinateur le plus puissant au monde.

Cette technologie est devenue une réalité il y a peu. On peut par exemple citer les PC Shadow qui ont réussi à décoller un peu, au moins économiquement. Le réseau internet n’est pas toujours adapté mais, grossièrement, ça fonctionne. Il ne faut donc pas s’étonner que l’idée soit reprise par le monde du jeu vidéo où les consoles représentent des barrières technologiques quelques années après leur sortie (même si les consoles actuelles sont loin d’être poussées à leur maximum).

Cette proposition d’une console très légère, et qui tirerait sa puissance d’une connexion au cloud, était d’ailleurs la première idée de la Xbox ONE. Lorsque l’information était sortie, elle avait fait un tollé monstrueux. Comment ça, une console sans lecteur CD, toujours connectée à internet ? Et comment fait-on lorsque l’on habite dans une zone à faible connexion ? Bref, l’idée n’a pas séduit grand monde, Microsoft a revue sa copie dans la précipitation et il en est subsisté des serveurs de calculs qui ne sont utilisés que sur la série Forza, pour créer une intelligence artificielle innovante.

Ce mois-ci, l’idée a ressurgi, portée par Google. L’ambition de Google Stream est que n’importe qui puisse jouer à n’importe quel jeu avec un simple navigateur internet, Chrome de préférence. Et Google a été plus loin que de relancer l’idée dans l’actualité, le projet a été testé, à grande échelle et avec des journalistes pour couvrir la chose. Ainsi, plusieurs personnes, aux Etats-Unis, ont pu jouer à Assassin’s Creed Odyssey depuis un navigateur Chrome.

Le but du test était surtout technique. Et il a été quasi-parfaitement réussi. Les gens ont joués, quelque soit leur configuration matérielle, à 60 fps et en 1080p, à un jeu en monde ouvert, sans trop de lag. Les retours des journalistes ont tous été sur la même longueur d’onde, indiquant que le jeu était jouable, sans problème, comme s’il avait tourné sur leur propre PC. La porte est donc ouverte, et tout le monde semble d’accord pour l’emprunter, cette fois.

La preuve que ce test a été concluant, Microsoft a ressorti son idée du placard, l’appelant cette fois Project XCloud. S’en est suivi quelques jours où tout le monde s’est mis à parler de la possibilité, et à encore une fois agiter le spectre de la fin des consoles pour la prochaine génération. Sauf que la situation est bien plus compliquée qu’elle n’en a l’air et que plusieurs question doivent être élucidées.

Plaçons-nous dans un monde imaginaire où vous pouvez jouer à vos jeux-vidéos via Google Chrome, quelque soit la puissance de votre ordinateur. Avant-tout, comment accède-t-on à ce service ? Est-un abonnement ? Et dans le cas d’un abonnement, que contient l’abonnement ? La réponse la plus probable à cette question serait un service façon Netflix, où vous aurez accès à un certain catalogue de jeux, dont certains sont issus directement du détenteur de la plateforme.

Sauf qu’un service avec un catalogue précis pose tout de même pas mal de questions. Qui aura le droit d’être dans ce catalogue, et à quel prix ? On peut imaginer que les gros éditeurs, Activision, EA, Ubisoft ou Take Two, signent des accords pour se retrouver sur cette plateforme. Mais qu’en est -il des autres et surtout, qu’en est-il des petits jeux ou des jeux indépendants ? Là encore, le cas Netflix peut nous apporter quelques réponses. On observe aujourd’hui que plusieurs sociétés de productions ont chacune leur plateforme personnelle. Mais il reste encore des moyens de distributions “classique”, qui permettent aux petits films ou aux films hors des grands studios de sortir au cinéma ou en DVD/Blu-Ray.

On pourrait imaginer un système similaire dans le jeu-vidéo, avec une console Microsoft et une console Sony, comme c’est le cas à l’heure actuelle, mais aussi une réserve en cloud derrière. Ainsi, les petits jeux pourraient continuer de sortir comme aujourd’hui, et tourner directement sur le matériel de chacun. De l’autre côté, les jeux à gros budget pourraient bénéficier d’une plus grande puissance de calcul, libérant les ambitions de chacun.

Les questions sont encore nombreuses, le public pas totalement prêt tout comme les installations physiques, pas au même niveaux partout dans le monde. On imagine donc qu’il va falloir encore du temps pour que cette idée du cloud gaming remplace nos consoles de jeu actuelles et crée une révolution comparable à celle qui à vue les console de jeu personnelles remplacer les salles d’arcade. Sauf si Google accélère le mouvement. Le géant américain ne s’embêtera pas de compassion et secouera l’industrie, quitte à faire rentrer tout le monde dans son modèle. Il pourrait alors y avoir quelques pots cassés. Malgré tout, on imagine difficilement que le futur du jeu-vidéo se passera du cloud, et qu’il se passera aussi de Google.

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