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    Mois-Sonneur 54 : L'E3 a-t-il été décevant ?

  • Mois-Sonneur
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Dans le Mois-Sonneur numéro 54, retour sur les informations du mois de Juin 2018. Il sera évidemment longuement question de l'E3 et d'en faire un bilan. Le billet sous la vidéo ci-dessous revient en détail sur le rassemblement de Los Angeles. N'hésitez pas à commenter pour donner votre avis sur le dernier E3.

L’E3 que l’on attendait, en attendant mieux

L’E3 2018 est passé et tout a été dit dessus, ou presque. En réalité, tout a été dit à chaud, au milieu du salon, des conférences, des gens surexcités et des annonces en tout genre. Et très vite, l’opinion moyenne générale était de dire que le salon a été au mieux décevant, au pire raté. Je vous propose de reposer la question, avec un peu de recul et en évaluant bien ce que nous avons eu, que ce soit en terme de qualité mais aussi en terme de quantité.

Si on regarde le salon hors de tout contexte et qu’on le compare aux dernières années, il y a des raisons d’être déçu. Electronic Arts a continué de creuser, arrivant à des niveaux de nullité que l’on a rarement vu. Bethesda avait beaucoup de jeux répartis en deux catégories : d’un côté les FPS comme Rage 2, Doom Eternal ou Wolfenstein, de l’autre des RPG avec ses sagas Fallout, The Elders Scrolls et le nouveau venu Starfield. Sauf que, si les FPS ont été très bien montré, le coeur du développeur porté sur les RPG a tourné au one-man show de son directeur artistique. Ubisoft n’a rien annoncé de nouveau, a oublié sa fameuse vidéo de fin et a déçu avec Assassin’s Creed Odyssey. Enfin, Square Enix nous a donner une vidéo de 20 minutes en guise de conférence, en recyclant ses annonces chez les constructeurs. Du point de vu des conférences éditeurs, c’est donc franchement en dessous des dernières années et on peut même dire que c’est d’un niveau très faible.

Du côté des constructeurs de machine, Microsoft devait réagir après une année bancale et une ligne directrice flou. Le géant américain était au rendez-vous avec une conférence incroyablement dense d’une trentaine de jeux réellement discutés sur scène. Le petit détail, c’étaient des jeux de tous les éditeurs tiers, que ce sont ceux présent à l’E3 ou les japonais comme Bandai Namco et Capcom. Les gros projets maison comme Halo Infinite et Gears 5 sont un peu faible mais rattrapé par les nombreuses annonces comme avec le nouveau Devil May Cry. Enfin, le détail le plus important est l'acquisition de studios de talent avec Playground Games ou encore Ninja Theory, de quoi travailler à des projets ambitieux dans l’avenir.

Chez Sony, on a joué la sérénité en reprenant les titres qui se promènent de salon en salon ces derniers mois. La conférence était très courte, avec des jeux de grande qualité comme The Last of Us 2 ou Ghost of Tsushima, mais rien de franchement inattendu. Une petite heure de show et on remballe, merci d’être venu, il n’y avait pas grand chose à voir. Loins d’être catastrophique, cette conférence fait pâle figure avec les 3 dernières années.

Enfin, Nintendo nous a balancé une palette de jeux arrivant dans les prochains mois sur Switch avant de passer près d’une demie heure sur le prochain Super Smash Bros Ultimate; Les fans ont adorés, les autres ont trouvé ça un peu long. En réalité, Nintendo a fait du Nintendo et vu le lancement de la Switch, ils auraient tord de ne pas le faire.

Quand on fait les compte, on est en effet déficitaire par rapport aux années précédentes. Les éditeurs tiers et Sony étant clairement en dessous, Nintendo a été égal et Microsoft a fait un peu mieux, le résultat est négatif. Mais analysé un salon aussi important que l’E3 sans le remettre dans son contexte, c’est faire l’erreur de regarder l’industrie du jeu vidéo à court terme.

Tout d’abord, cet E3 arrive après 3 grandes années pour le salon et pour le jeu vidéo en général. Depuis 2015 et The Witcher 3, le marché ne s’est pas arrêté, nous envoyant du Zelda Breath of the Wild, du Overwatch, du God of War et des jeux par pallette tous les mois de l’année. Forcément, cet état de grâce ne pouvait pas continuer, et on a déjà vu que ce début d’année est plus calme qu’en 2016 ou 2017. L’E3 est donc le reflet d’une industrie qui a réussi à réanimer toutes ses licences sur la nouvelle génération, mais qui cherche maintenant à se poser avant le prochain mouvement.

Ensuite, il faut avoir à l’esprit que tout le monde s’attendait à un E3 de moindre qualité. Quelques semaines avant le salon, nous n’avions aucune information sur de gros jeux en préparation dans l’ombre et tout le monde était capable d’annoncer les conférence à l’avance. Un nouveau Halo ? OK. Un nouveau Forza ? OK. Du gameplay pour The Last of Us 2 et Ghost of Tsushima ? OK. Un nouveau Assassin’s Creed ? OK. Et la liste peut continuer encore longtemps. Les quelques fuites que l’on avait eu allaient dans ce sens et les dirigeant de Sony eux-même annonçaient une conférence qui ne resterait pas dans l’histoire. On le savait, et on s’est quand même laissé prendre par l'effervescence de l’évènement, pour donner une chance à la magie d’opérer.

Il peut quand même y avoir une vraie déception qui est justement liée à ces fameuses fuite d’avant le rassemblement californien. Je parle évidement des fuites de Wallmart qui nous annonçaient une quinzaine de nouveaux jeux. Et ces fuites étaient vraies, en atteste Rage 2 ou Halo Infinite. Dans ce cas, où est le nouveau Splinter Cell, Bloodborne 2 ou encore le possible jeu Superman par Rocksteady ?

C’est finalement là la marque d’un E3 atypique, oui, nous avons vu des jeux incroyables, pui nous avons vu des jeux dans tous les styles, pour tous les publics, oui nous avons vu le jeu vidéo s’ouvrir encore un peu plus tout en promettant des expériences plus intenses que jamais. Mais tout cela, nous le savions. Nous avons simplement eu la confirmation que le jeu vidéo est plus en forme que jamais.

Ce que l’on voulait, et c’est ce que l’on veut toujours de Los Angeles, c’est de la magie, du spectaculaire, de l’inoubliable. Tout le monde se souvient de la première vidéo de Watch Dog, de la première et seule vidéo de Rainbow Six Patriot, du gameplay de Battlefiield 4, des annonces de The Last Guardian ou Final Fantasy 7 Remake, de la première vidéo de Beyond Good and Evil 2 et de son retour inespéré. Tout cela n’a pas forcément donné des jeux incroyables, mais cela a créé des souvenirs qu’on ne pouvaient prédire. Et cette année, tout était prévisible. Même la première vidéo de Cyberpunk 2077, depuis une éternité et demie, n’a surpris personne. Ce que les gens ont retenus, ce sont les absents. Le Project Avengers par Square Enix toujours dans l’ombre, le nouveau Splinter Cell qui devait clore la conférence d’Ubisoft, les nouveaux jeux Star Wars en recyclage permanent chez EA, The Elder Scrolls 6 qui n’en fini plus de se faire désirer, les nouvelles créations dingues des studios affiliés à Sony et tous les autres, que nous ne connaissons pas, dont nous n’avons pas idée et que l’on veut pourtant découvrir. Le plus décevant, c’est donc que l’on a eu l’E3 que l’on attendait. Pour la prochaine fois, on attendra mieux.

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