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    Mois-Sonneur #88 : À quoi ressembleront les jeux de sport demain ?

  • Mois-Sonneur
  • Mis en ligne le

Dans ce nouveau Mois-Sonneur, on revient sur l'actualité du mois de Juillet et comme toujours, les jeux de sports de l'année se sont présenté. Cela nous a donné envie de traiter du sujet un peu plus en profondeur, comme vous pouvez le lire ci-dessous. Comme toujours, n'hésitez pas à commenter et à partager autour de vous.

On se met au sport

Une fois n’est pas coutume, nous allons discuter de jeux de sports, et de façon tout à fait sérieuse. Après tout, ce sont les jeux les plus vendus de l’industrie et ils proposent beaucoup de challenges très intéressants d’un point de vue technique, qu’on ne retrouve bien souvent que partiellement sur les autres types de jeu. Et pourtant, ces jeux de sports sont à la traine, gérés par des studios qui préfèrent mettre en avant les qualités graphiques sans prendre beaucoup de risque sur le gameplay, et avec un graphisme qui reste malgré tout souvent bien en dessous des standards du moment. L’arrivée d’une nouvelle génération de consoles nous permettra peut-être de passer à un nouveau niveau, et c’est de ça dont on va discuter dans les prochaines lignes.

Pour que les choses soient bien claires, je vais m’attarder ici aux sports de face à face en mettant de côté les sports de course. Pour être plus direct, je vais parler de football, de basket, de football américain, de tennis, de baseball, de hockey et pourquoi pas de rugby ou de handball. Et je vais prendre l’angle de jeux qui se veulent réalistes car des jeux arcades impliquent moins de besoins techniques précis et sont déjà bien réalisés depuis longtemps. Alors, que nous manque-t-il dans les jeux de sports se voulant réalistes et qui pourrait être amélioré dans les prochaines années ?

Le premier constat, et le plus simple, est une amélioration significative des moteurs physiques. Cela comprend les animations des personnages, les liens entre ces animations mais aussi les contacts entre les sportifs et le comportement des balles et ballons. Mis à part les jeux de football qui continuent de tâtonner de ce point de vue, et c’est normal car c’est là où c’est le plus compliqué, le comportement des balles et ballons est plutôt satisfaisant aujourd’hui. Par contre, les moteurs physiques des personnages est encore bien souvent à la ramasse.

Aujourd’hui, ce sont les animations qui dirigent tout le comportement physique des sportifs virtuels, comme c’est souvent le cas ailleurs dans le monde du jeu vidéo. En clair, les joueurs sont des enveloppes vides, sans réalité physique particulière, sur lesquels on joue des animations donnant l’illusion du mouvement et du contact. Il y a quelques années, le studio Visual Concept avait tenté une vraie approche physique sur sa série NBA 2K, avec un résultat très intéressant qui n’a finalement pas été conservé car jugé trop bloquant dans l’évolution.

L’approche prise par les studios, Electronic Arts en tête, est de multiplier les animations et les liaisons d’animations, pour renforcer l’illusion. Pour cela, les développeurs s’appuient sur différentes techniques d’intelligence artificielle, le prochain Fifa misant sur les réseaux de neurone profond et la motion capture à 11 contre 11. La route prise est donc de continuer la même illusion en l’améliorant, on aurait préféré voir la mise en place de vrais systèmes physiques complexes, calculés en direct par les nouvelles consoles, voire même avec le cloud, comme ce que propose le nouveau moteur Unreal Engine 5.

Une fois la physique des personnages rendue plus réaliste, et donc plus précise et plus fluide à jouer, il faudra s’attaquer à l'intelligence artificielle des autres personnages autour de nous. Si la série NBA 2K s’en sort honnêtement dans un sport simplement à 5 contre 5, même si on n’est pas contre quelques améliorations, c’est plus compliqué pour les autres sports, même au tennis. On pense notamment au placement par anticipation, aux appels pour initier des mouvements d’attaques ou même à la réalisation de gestes techniques particulier.

Derrière tout cela, c’est la question de la prise de décision en IA qui est évoquée, une question plutôt complexe et très coûteuse en temps de calcul. Aujourd’hui, pour contourner ce problème, les jeux jouent des schémas pré-enregistrés à l’avance, vaguement adaptés sur le moment, et qui s’appliquent à l’ensemble d’une équipe. Il faudrait mettre en place des systèmes décentralisés, où chaque joueur dispose de son système de prise de décision, avec la possibilité de faire de mauvais choix. Et cela arriverait aussi bien à vos coéquipiers qu’à l’équipe adverse, ce qui rendrait le tout plus réaliste tout en restant juste, réduisant ainsi la frustration de ces possibles erreurs.

Une fois qu’on a réglé le moteur physique et l’intelligence artificielle, on a réglé le problème du gameplay. C’est d’ailleurs la voie que devraient prendre les nouveaux acteurs de ce secteur, à commencer par Nacon qui tente des jeux de rugby ou de tennis sans idées de gameplay et qui se prend les mêmes remarques tous les ans sur les graphismes. L’exemple à prendre est celui de Codemasters qui est revenu de nul part avec sa série F1, peaufinée au fil des ans en mettant en avant le gameplay, jusqu’à arriver en 2021 avec un épisode sur lequel on peut mettre à jour les graphismes, sur une base de gameplay très solide.

Pendant qu’on y est, un petit mot sur le graphisme, qui mérite lui aussi un rafraîchissement. On peut faire confiance aux gros éditeurs sur ce point, même s’ils font souvent des effets plus spectaculaires que réalistes, une idée certainement amenée par des commerciaux. Une fois que les sportifs seront au top niveau, c’est tout le reste de l’habillage qu’il faudra améliorer, entre les arbitres, les stades, les éclairages et le public.

Enfin, il faudra s’occuper des modes de jeu. En plus des modes à cartes à acheter ou des modes scénarisés, on aimerait retrouver des modes plus complets, plus libres et plus personnalisables, en reprenant bien souvent des éléments qui existaient par le passé. De trop nombreuses fois, de bonnes idées une année ont été retirées pour revenir quelques années plus tard, histoire d’avoir quelques nouveautés à présenter.

Pour cela, il faut en finir avec le modèle actuel d’un nouveau jeu tous les ans et passer au système en service, à l’image de ce que tente Konami avec eFootball. Le modèle en free-to-play n’est pas obligatoire, mais proposer une base qui serait complète en terme de mode et prolongée tous les ans avec une mise à jour gratuite des effectifs. Et tous les 2 ou 3 ans, lorsque c’est prêt, de grosses mise à jour, pourquoi pas payantes, surtout centrées sur le gameplay, et pourquoi pas avec quelques ajouts de modes, sans rien enlever.

Tout ceci est certainement une profession de foi louable, mais il est très peu probable qu’elle arrive. Parce que les leaders du secteur, à savoir Fifa, NBA 2K et Madden, n’ont pas de concurrents à leur hauteur et écrase le marché, avec des résultats économiques gargantuesques. Beaucoup de joueurs se plaignent depuis longtemps, mais ils continuent d’acheter et de dépenser. Electronic Arts, Take Two et les autres n’ont donc aucune raison de bouger sur le fond, et se contentent de vaguement améliorer la forme, ce qui semble suffisant. Mais ne perdons pas espoir, il y a peut-être un meilleur monde du jeu sportif qui nous attend demain.

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