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    Mois-Sonneur #81 : Quelles conséquences au jeu de l'année ?

  • Mois-Sonneur
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Avec le mois de Décembre arrive toujours la question du jeu de l'année, une question qui peut enflammer les débats parfois plus que de raison. Et plutôt que de vous donner le choix de la rédaction (qui arrivera dans un prochain Ranking), on va prendre un peu de hauteur dans ce Mois-Sonneur et dans le billet qui suit la vidéo ci-dessous.

Le choix du Roi

2020 a été une année compliquée pour beaucoup de raisons qu’on a déjà beaucoup évoqué dans ces billets de Mois-Sonneur. Mais l’année arrive quand même à son terme, une année tout de même chargée dans le monde du jeu vidéo. On aurait pu revenir sur le lancement de la nouvelle génération de console, on se garde ce sujet pour plus tard, quand nous aurons un peu de recul sur toute cette histoire. L‘autre sujet de cette fin d’année, c’est évidemment le choix du jeu de l’année, et c’est de cela dont on va parler.

Bien évidemment, chacun aura son idée et ses arguments pour défendre son poulain, surtout dans une année qui paraît plutôt ouverte. Les fans de The Last of Us 2 nous diront le contraire, mais il existe une part non négligeable des joueurs près à sacrer un autre titre que l'œuvre de Naughty Dogs, et avec des arguments tout à fait entendables. On pourra penser à Doom Eternal qui convoque l’excellent Doom 2016 à ses côtés, Hades et sa narration parfaitement alliée à un gameplay maîtrisé ou encore Animal Crossing New Horizon qui restera pour beaucoup le jeu du confinement, le jeu qui symbolise donc 2020 plus qu’aucun autre.

Quel que soit le résultat de la cérémonie des Game Awards (que je préfère toujours appeler Video Game Awards pour lever les ambiguïtés), il faudra l’accepter et vivre avec, ce qui ne sera pas compliqué croyez-moi. Enfin, pour nous, joueurs et personnes extérieurs à cette industrie, ça ne sera pas compliqué. Car pour les développeurs, l’histoire semble être tout autre et l’impact de ses récompenses n’est pas anodin.

En premier lieu, on pourrait penser que l’après est difficile à vivre pour les perdants, où ceux qui ne sont même pas nominés. On pourra penser à Star Wars Jedi Fallen Order oublié l’année passée qui refait surface étrangement en 2020, ou Borderlands 3, pas même cité pour le jeu de l’année en 2019. Mais aussi à Baba is You reparti bredouille l’année passée, ou le premier The Last of Us, coincé entre GTA 5 et Bioshock Infinite en 2013. Et que dire de l’année 2007 qui n’avait pas assez de prix pour récompenser à sa juste valeur Mass Effect, God of War 2 ou encore Super Mario Galaxy.

Sauf que, globalement, tous les jeux cités ci-dessus s’en sont plutôt bien sortis, leurs studios ont continué leur vie tranquillement et ces projets sont restés dans les esprits par leurs qualités, peu importe les prix. On pourra notamment penser à Shadow of the Colossus, très souvent cité parmi les meilleurs jeux PS2 et qui avait été oublié des nominations (pour recevoir un prix d’honneur quelques années plus tard). De façon étonnante, c’est plutôt la victoire qui a porté malheur ces derniers temps.

En 2011, Skyrim gagne puis c’est la longue descente de Bethesda jusqu’au rachat par Microsoft. En 2012, The Walking Dead fait gagner Telltale Games, mais précipite sa chute quelques années plus tard. En 2014, c’est Dragon Age Inquisition qui marque le sommet de Bioware avant la chute jusqu’à Anthem. En 2016, même histoire pour Overwatch qui marque la fin d’une époque chez Blizzard, qui passera sous pavillon chinois quelque temps plus tard. Le point commun de ces histoires, des développeurs qui se sont crus meilleurs qu’ils n’étaient, qui ont essayé de convoquer leur soi-disant talent et qui se sont lourdement trompés.

Comprenez-moi bien, je ne remets pas en question les qualités de ses projets et peut-être bien qu’ils méritaient leur titre face à la concurrence. Je dis simplement qu’un titre de jeu de l’année est le résultat d’un contexte complexe, d’un alignement des planètes, et que ce titre prestigieux ne met pas ses vainqueurs au-dessus de la mêlée. C’est l’abattage médiatique que l’on fait autour de cette cérémonie qui crée sa valeur, et on en fait très certainement beaucoup trop, moi y compris.

Cette année encore, un seul jeu aura le droit de se pavaner avec le titre de jeu de l’année (même si, avec la multiplication des cérémonies, beaucoup de projet abordent ce titre sur leur boite). Ce n’est pas pour autant qu’il est objectivement meilleur que tous les autres jeux sortis cette année (d’ailleurs, la personne qui me définira le “objectivement meilleur” sera chaudement remerciée). Cela paraît évident mais il faut toujours le rappeler, surtout dans cette période où les esprits peuvent s’échauffer un peu vite.

Lorsque vous regarderez les résultats cette année, que vos pronostiques soient bons ou pas, que les choix correspondent ou non à vos goûts, prenez du recul, acceptez la sentence et célébrez le jeu vidéo. Jetez un regard aux nominés restés à quai et n’hésitez pas à leur donner une chance ; s’ils sont arrivés jusque là, c’est qu’il y a une raison. Et souvenez vous que si le choix est compliqué, c’est certainement parce que la qualité à été au rendez-vous.

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