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    Mois-Sonneur #77 : Quel bilan pour l'E3 2020 ?

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Oui, l'E3 2020 a été officiellement annulé mais il m'en faudra plus pour ne pas vous faire un débriefing d'un évènement autour duquel toute l'industrie s'est retrouvée pour récupérer un peu de sa consistance. Comme toujours, vous trouvez ci-dessous le Mois-Sonneur et encore en dessous le billet un peu plus long si vous aimez la lecture.

Espacer pour mieux râler

En cette année 2020 bien particulière, l’E3 a fait peau neuve. Cette phrase aurait pu démarrer un article du même genre dans un monde sans pangolin maléfique qui empêche les rassemblements de personnes car le salon voulait évoluer, au moins dans sa forme (ce que j’évoquais dans le Mois-Sonneur #72 sorti précédemment cette année). Le Covid-19 a imposé un changement de forme qu’il convient de débriefer, sur la forme mais aussi sur le fond.

Pour remettre les choses au clair, nous n’avons pas eu d’E3 2020 officiellement. Le salon a été annulé assez tôt dans l’année, ce qui n’est pas le cas par exemple de la Gamescom à venir (qui prendra quand même une forme entièrement numérique). Dans l’idée, les grands acteurs de l‘industrie se sont quand même réunis en ce début d'Été pour nous parler de l’avenir, et notamment de la prochaine génération de console. Ils ont été aidé et soutenu par l’initiative Summer Game Fest, voilà pourquoi on parlera par la suite de ce billet d’un E3 2020 étendu, entre le début Juin et la fin Juillet.

Sur deux mois, nous avons donc eu quasiment une conférence par semaine, ou s’il n’y avait pas de conférence, un gros lots de news et d’annonces en tout genre. On a retrouvé les habituels EA et Ubisoft, Sony et Microsoft l’ont fait en plusieurs fois parce qu’ils ne voulaient pas mélanger les indépendants avec leurs gros projets de next-gen, et on a même eu Devolver Digital, Google Stadia, BigBen avec son Nacon Direct ou encore Nintendo avec quelques Nintendo Direct qui ont servi de ponctuation. Même les absents habituels ont joué leur rôle, on pensera très fort à Actvision et Take Two, mais aussi à Bethesda et Square Enix qui avaient prévu de ne pas venir cette année, faute d’annonces importantes en stock.

Et si on s’intéresse à la forme, je peux vous assurer que mon sommeil a apprécié. Plutôt que d’avoir une semaine surchargée où on fini par oublier la moitié des jeux annoncés, on a pu prendre notre temps et se concentrer chaque lot de 7 jours sur un ou deux intervenants maximum. On passe d’un 100 mètre harassant à un marathon un peu plus cool, on perd aussi forcément en spectacle, ce spectacle et cette fatigue qui nous fait nous extasier sur des jeux dont on se moque normalement pas mal.

Cette année, nous avons eu le temps de décortiquer les conférences, dans les grandes largeurs. Si vous voulez mon avis rapide, Electronic Arts s’est raté, peut-être plus que d’habitude, la conférence d’Ubisoft est un des pire moment que j’ai vu de ma vie, la conférence PS5 m’a extrêmement déçu et le doublé de conférence Microsoft a fait un travail honnête. Et cet avis vient après une semaine de réflexion sur chaque présentation, quand il vient d’habitude d’une analyse beaucoup plus à chaud.

La qualité globale de ces conférence n’a donc pas énormément bougé. On a gagné en dynamisme avec moins de temps mort où les développeurs arrivent sur scène, on nous a gardé les explications et autres détails pour d’autres format après les présentations et tous les joueurs du monde étaient à égalité de traitement. On a donc perdu les journalistes parfois hystériques et qui semblent halluciner à la moindre annonce (phénomène qui nous énerve à force mais qui fait partie du folklore) mais on a surtout perdu les instants en direct, ceux dont on se souvient longtemps.

Cette année, pas de Keanue Reeves sur scène qui répond à un fan du public, pas de patron de Bethesda qui se moque des bugs de ses jeux et fait un bide, pas de développeur japonais qui a des problèmes de traducteur, pas de déguisement ridicule chez Ubisoft, de sportif chez EA, d’essai de Kinect ou de Wiimote qui tourne au ridicule (soit pour la technologie, soit pour le présentateur).

Sur le fond, on a aussi cruellement manqué d’annonces de poids. Pas de God of War, de Final Fantasy 7, de premier trailer de Watch Dogs ou d’Assassin’s Creed ou d’Anthem ou de Cyberpunk 2077 ou de Battlefield 4. Tous ces jeux sont inégaux mais leur présentation initiale nous avait mis des étoiles dans les yeux, ce qu’on attend d’un E3. Cette année, entre le Covid-19 qui touche beaucoup l’industrie et l’arrivée d’une nouvelle génération que même les constructeurs ont du mal à vendre, on se retrouve entre deux eaux,à présenter les sorties de fin d’année qui ne seront que des jeux moyenne gamme et à faire de l'esbroufe sur le futur, qui est encore en chantier. Mais soyez sûr que cela n’est pas dû à la forme du salon cette année.

Toujours sur le fond, l’E3 2020 étendu n’est qu’un ensemble de conférence. D’habitude, les E3 se résument par leurs conférence, mais les stands ouvert au public ou aux médias,ainsi que les interview de développeur sur place donnent de la substance à consommer. Cette fois-ci, rien du tout, et seul Microsoft s’est risqué à une opération démo pour tout le monde, en sortant ses projets les plus obscures. Dans un E3 normal, on aurait vu du gameplay manette en main d’Halo Infinite, de Fifa 21, d’Assassin’s Creed Valhalla ou même de Ratchet and Clank Rift Apart. Les développeurs de Deathloop auraient pu expliquer leur concept au micro d’un journaliste pendant 1 heure et Nintendo nous aurait fait des journées entières sur Paper Mario the Origami King.

Cet E3 particulier, organisé un peu dans la panique aura quand même permi de tester quelque chose que personne n’avait imaginé. Dans une année”normale”, on pourrait voir un salon plus étendu, peut-être pas sur deux mois mais plus sur deux semaines, avec une conférence par jour. Le reste du temps, on pourrait voir des jeux, pourquoi pas avec des stands occupés à tour de rôle sur un roulement de quelques jours.

Si un format de la sorte devait revenir, on aimerait aussi pousser l’idée de démos disponible chez tout le monde, qu’on ne soit pas obligé d’être à Los Angeles pour avoir un avant goût du futur. On sera aussi en faveur de plus de réponse et de spontanéité entre les conférences. Cette année, on a vu Sony et Microsoft jouer au chat et à la souris sur le prix et la date de leur prochaine console, pour ne pas être le premier griller à ses cartouches. Une remarque un peu plus direct sur cette situation nous aurait tous fait marrer et permettrait de créer un vrai sentiment d’évènement global.

Je n’oublie pas mon idée d’il y a quelques mois où je proposais au contraire de raccourcir l’ensemble des conférences en les plaçant toutes sur une journée, pour créer un évènement ultra spectaculaire puis laisser la place aux gameplay et aux interview. Vous l’avez compris, je ne suis pas contre tester un changement de format pour les prochains E3. Et quoi qu’il soit tester, soyez sûr que je trouverai quand même le moyen de râler un peu. C’est aussi ça le folklore de l’E3.

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