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    Mois-sonneur #74 : Comment Sony peut tomber ?

  • Mois-Sonneur
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Un mois complet de confinement dans le Mois-Sonneur numéro 74 mais pas de panique, le monde du jeu vidéo ne s'est pas arrêter. Et pour la question du mois, on regarde les stratégies de communication des constructeurs en vue de la prochaine génération, avec un billet en détail ci-dessous. Comme toujours, n'hésitez pas à commenter et à partager.

C’est l’histoire d’un géant.

En fin d’année 2020, ou en début d’année 2021 selon l’évolution de la situation sanitaire mondiale, une nouvelle génération de console va pointer le bout de son nez. On a beau faire les rabat-joies, répéter à l’envie que nos bonnes vieilles PS4 et Xbox ONE sont loin d’être à genoux, prendre les développeurs à témoin et râler encore et encore, la réalité est au pied de notre porte, sous notre nez. Et avec la sortie de nouvelles consoles revient le spectre de la guerre des consoles. Une guerre qui semble déjà gagnée haut la main par l’un des deux protagoniste.

Revenons d’abord un peu sur ce terme et cette idée de guerre des consoles, né de la rivalité entre Nintendo et Sega à la fin des années 80 et au début des années 90. Sega n’y a pas survécut. Depuis, régulièrement, on trouve des fans d’une maison ou de l’autre prêt à défendre bec et ongle que leur machine est bien supérieur au voisin. Bien souvent, cette différence si spectaculaire ne ressort par des études objectives, avec des consoles aux capacités et fonctionnalités similaires, sauf pour Nintendo qui a décidé de se distinguer à partir de la Wii.

Ces derniers temps, le combat est donc entre Microsoft et Sony, les deux constructeurs entretenant de façon amical de jeu médiatique qui leur profite tous les deux. Dès que l’un annonce quelque chose, on attend la réponse de l’autre et on compare. C’est idiot, on le sait, mais on ne peut s’en empêcher. Sony annonce être défavorable au cross-play, Microsoft se prononce pour. L’Américain coule un à un ses projets ambitieux, le Japonais déploie ses slogans centrés sur des créations entrées dans la légende. Et le duel médiatique autour de la présentation de nouvelles machines ne fait qu’amplifier tout cela.

Sauf que depuis un an et demi, au moins, Sony se trompe de communication, de façon objective. On abandonne l’E3, on n’a plus aucun jeu à annoncer pour l’avenir, on se lance dans la conférence vidéo sans grandes conviction et pour un résultat médiocre et on fait de grandes annonces pour dévoiler un simple logo sans surprise.

De l’autre côté, Microsoft s’est clairement repris après des années d’errance, là encore d’un point de vue objectif. On rachète des studios connu pour leur audace, on lance des projets ambitieux sans avoir peur de se planter sur certaines idées, on réalise des conférences solides et on lance la nouvelle génération avec des informations concrètes, dans les temps attendus.

Présenté comme cela, vous pouvez donc légitimement penser que le vainqueur du duel à venir dont je parlais plus tôt dans ce billet est Américain. Et en réalité, on le pensait tous un peu tellement Sony semblait nager jusqu’à une conférence technique qui n’a pas fait rêver grand monde. Et puis, une série d’images sur la nouvelle manette sont sorties.

Cette série d’image a été commentée et likée comme jamais un post ne l’avait été dans le monde du jeu vidéo. Bien sûr il y a eu quelques critiques sur la forme de l’engin ou ses supposées nouvelles fonctionnalités révolutionnaires. Oui, son look peut être débattu, mais ce n’est qu’une manette, qui devrait coûter beaucoup d’argent. 

Si les gens ont très largement réagi positivement à ces images, ce n’est pas pour la manette en elle même, mais plus pour montrer un soutien entier et aveugle dans ce que représente la marque Playstation. C’est un fait, aujourd’hui, Playstation est une marque bien plus grande que Xbox, une marque entrée dans la pop culture au sens large, et l’arrivée de la PS5 laisse rêveur un grand nombre de personnes qui se fichent bien de toutes les caractéristiques techniques possibles. Pour ces gens, PS5 est synonyme de console du future.

Une fois ce constat réalisé, que peut on en tirer ? D’abord que Sony a conscience de cet état de grâce. C’est la raison pour laquelle le constructeur se permet une communication aux fraises sans sembler préoccupé outre-mesure. Les enquêtes de différents médias indiquent que cette PS5 pourrait coûter très cher et que le plan est clairement d’égaler ce que proposera Microsoft, sans chercher à faire avancer l’industrie. Ils n’ont plus besoin, ils sont numéro 1 sans même se battre.

En face, Microsoft se donne beaucoup de mal, multipliant les annonces astucieuses, prenant ce rôle de fer de lance de l’industrie, mais finissant inlassablement sous les moqueries d’une partie du public qui a choisi son camp, comme on choisit de supporter un club de football. On tourne alors sur des débats stériles, où aucun argument n’arrive même à ramener à la raison certains.

Les nouvelles consoles vont arriver et la PS5 va faire un énorme carton, surpassant la Xbox Series X. Et je peux même vous dire qu’à la fin de la prochaine génération, il se sera vendu plus de PS5 que de Xbox Series X, tous modèles que l’on voudra bien nous proposer confondus. Dans ces conditions, la situation est-elle condamnée ? N’allons pas trop vite en besogne.

Sony s’est construit une crédibilité sur plus de 20 ans, ce que ne possède pas Microsoft, ni même un autre constructeur qui voudrait se jeter entre ces deux fauves. Pour autant, si Sony ne se réveille pas, cette crédibilité pourrait être effritée par une suite de jeux exclusifs de piètre qualité, en face d’un Microsoft qui donnerait les pleins pouvoir à des créateurs de talent. Ce retournement ne se ferait pas du jour au lendemain, mais une génération complète de console, soit 7 à 10 ans, pourrait être suffisant.

Pendant ce temps, on notera que Nintendo, premier vainqueur d’une guerre des consoles est toujours là, avec un statut à part, à regarder ces chamailleries à coup de millions de dollars. Et soyez sûr que la maison de Mario sera toujours prête à sauter sur une position affaiblie de ses colocataires constructeurs pour revenir sur le devant de la scène. Les choses ne sont donc pas figées, et c’est tant mieux pour nous, cela pousse toute l’industrie à créer de meilleurs jeux.

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